Alors que l’Europe, l’Asie et une partie de l’Amérique du Nord suffoquent sous une vague de chaleur précoce, un événement astronomique majeur est passé inaperçu pour le grand public : ce début juillet, la Terre a atteint l’aphélie, c’est-à-dire le point de son orbite où elle se trouve la plus éloignée du Soleil. Un paradoxe apparent, alors que l’hémisphère nord connaît des records de température et des incendies ravageurs.
Mais comment expliquer qu’il fasse aussi chaud alors que notre planète est à près de 152,1 millions de kilomètres du Soleil, soit environ 5 millions de kilomètres de plus qu’en janvier, lors du périhélie ? La réponse se trouve dans l’inclinaison de la Terre… et dans la nature même des saisons.
Aphélie et périhélie : une orbite légèrement elliptique
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la Terre ne tourne pas autour du Soleil en cercle parfait, mais selon une orbite elliptique. Cette ellipse est très légèrement allongée : la différence entre la distance minimale (périhélie, début janvier) et maximale (aphélie, début juillet) est de seulement 3 %.
- Périhélie (plus proche) : environ 147,1 millions de kilomètres
- Aphélie (plus éloigné) : environ 152,1 millions de kilomètres
Cette variation influence très peu la température moyenne globale. L’intensité de la chaleur reçue dépend bien plus de l’inclinaison de l’axe de la Terre (23,5°), qui détermine l’angle et la durée d’exposition aux rayons solaires.
Pourquoi il fait plus chaud en juillet alors qu’on est plus loin du Soleil ?
Le facteur déterminant des saisons est l’inclinaison de la Terre, et non la distance au Soleil. En juillet, l’hémisphère nord est incliné vers le Soleil, ce qui signifie :
- des journées plus longues,
- un rayonnement solaire plus direct,
- une surface plus chauffée par unité de temps.
Même si la Terre est un peu plus éloignée du Soleil qu’en janvier, l’inclinaison de l’axe fait que l’énergie reçue au sol par l’hémisphère nord est bien plus importante qu’en hiver.
En revanche, dans l’hémisphère sud, c’est l’inverse : c’est l’hiver austral. Les journées sont plus courtes, le Soleil plus bas à l’horizon, et les températures sont nettement plus fraîches.
La canicule actuelle n’est pas liée à l’aphélie
Les vagues de chaleur de juillet 2025, qui battent des records en France, en Italie, en Chine et aux États-Unis, ne sont pas provoquées par le passage à l’aphélie. Ce phénomène astronomique est régulier et se produit chaque année aux alentours du 4 juillet.
Ce sont plutôt des facteurs météorologiques et climatiques locaux et globaux qui provoquent ces canicules :
- Blocs anticycloniques durables,
- Absence de vent ou de pluie,
- Sol sec qui amplifie le réchauffement,
- Et bien sûr, le réchauffement climatique d’origine humaine, qui rend ces épisodes plus fréquents, plus intenses et plus longs.
Un repère pour les astronomes et les amateurs de science
Si l’aphélie ne change pas nos habitudes quotidiennes, il reste un marqueur important pour les astronomes. En effet, la forme elliptique de l’orbite terrestre a des conséquences sur :
- la vitesse orbitale de la Terre (plus rapide au périhélie, plus lente à l’aphélie),
- la durée des saisons (l’été dure légèrement plus longtemps que l’hiver dans l’hémisphère nord),
- la position des planètes et des étoiles dans le ciel.
Ce type de phénomène est également un bon point de départ pour sensibiliser le grand public aux lois de la mécanique céleste et aux fausses idées sur les saisons.
En résumé
- La Terre atteint son aphélie chaque année début juillet.
- Cela signifie qu’elle est au plus loin du Soleil, à environ 152,1 millions de kilomètres.
- Malgré cette distance, l’hémisphère nord est en été, car il est incliné vers le Soleil.
- Les vagues de chaleur actuelles n’ont rien à voir avec l’aphélie, mais bien avec des facteurs météorologiques et climatiques.
- C’est un rappel que la position astronomique de la Terre est complexe, et que la chaleur estivale n’a rien à voir avec la proximité du Soleil.

















