Le géant italien de l’agroalimentaire Ferrero, connu dans le monde entier pour ses marques emblématiques comme Nutella, Kinder, Mon Chéri ou Tic Tac, s’apprête à réaliser un nouveau coup d’éclat stratégique. Le groupe a annoncé être entré en négociations exclusives pour acquérir Carambar & Co (CPK), l’entreprise française qui détient des marques historiques telles que Carambar, Lutti, Krema, Michoko ou encore Poulain.
Ce rachat, opéré via la filiale américaine Ferrara Candy, renforce considérablement la présence de Ferrero dans le secteur de la confiserie en France et en Europe. L’opération pourrait être finalisée d’ici la fin de l’année 2025, sous réserve du feu vert des autorités de la concurrence.
🇫🇷 Une page se tourne pour les bonbons made in France
Carambar & Co, aussi appelée CPK, est une entreprise relativement récente dans sa forme actuelle, mais composée de marques très anciennes, véritablement ancrées dans la mémoire collective française. Créée en 2017 suite à un spin-off orchestré par le fonds d’investissement Eurazeo, CPK avait pour ambition de redonner un souffle industriel à des marques comme Carambar ou Krema, longtemps négligées par leurs précédents propriétaires, souvent étrangers.
En quelques années, CPK a :
- Rapatrié la production sur plusieurs sites industriels en France (Marcq-en-Barœul, Blois, Saint-Genest),
- Réinvesti dans l’innovation produits (nouvelles recettes, packagings plus durables),
- Relancé les marques emblématiques en misant sur leur identité « à la française ».
Mais face à une concurrence mondiale féroce, la PME tricolore avait besoin d’un nouvel élan. L’arrivée de Ferrero apparaît donc comme une opportunité stratégique pour lui permettre de passer à l’échelle supérieure.
🍫 Ferrero : un appétit insatiable pour le sucré
Depuis plusieurs années, Ferrero mène une stratégie de croissance externe très offensive. Après avoir acquis plusieurs marques de biscuits (Delacre, Kelsen, les biscuits de Kellogg’s comme Keebler), le groupe italien cherche à diversifier son portefeuille et à consolider ses positions sur le marché mondial des confiseries et snacks.
Le rachat de CPK représente plusieurs atouts pour Ferrero :
- Une entrée de plain-pied sur le marché français des bonbons, où la marque était jusqu’ici peu présente.
- Un portefeuille riche de marques patrimoniales, bien connues des consommateurs français et européens.
- Des capacités industrielles locales, que Ferrero compte conserver et développer.
Par cette opération, Ferrero montre qu’il ne se contente plus d’être un fabricant de pâte à tartiner ou de chocolats. Il devient un acteur global du snacking sucré.
🏭 Une intégration respectueuse des marques et de l’industrie française
Contrairement à certaines acquisitions qui entraînent fermetures d’usines ou délocalisations, Ferrero affirme ici vouloir préserver l’intégrité industrielle et l’ADN des marques de CPK. Le groupe prévoit :
- De maintenir les sites de production en France,
- De conserver les marques historiques dans leurs segments (Carambar pour le caramel, Michoko pour les enrobés, etc.),
- De déployer les produits CPK à l’international, notamment via sa filiale Ferrara Candy, très active sur le marché nord-américain.
Cette promesse de continuité pourrait permettre aux marques comme Carambar ou Krema de bénéficier de la puissance logistique et marketing de Ferrero, tout en conservant leur identité locale.
💰 Les détails financiers de l’opération
L’opération est encore en phase de négociation exclusive, mais selon des sources proches du dossier :
- Eurazeo, principal actionnaire de CPK, céderait l’ensemble de ses parts,
- La transaction devrait rapporter environ 240 millions d’euros à Eurazeo,
- Le montant total de l’opération n’a pas été officiellement communiqué,
- La finalisation est attendue au quatrième trimestre 2025, sous réserve de validation par les autorités de la concurrence françaises et européennes.
🧁 Quelles conséquences pour le consommateur ?
Pour le consommateur français, ce rachat pourrait avoir plusieurs conséquences positives :
- Redynamisation des marques : avec Ferrero aux commandes, on peut s’attendre à de nouveaux produits, de meilleures campagnes marketing et des retours en force dans les rayons.
- Meilleure disponibilité des produits : la force de frappe logistique de Ferrero permettra une diffusion plus large, y compris à l’international.
- Maintien de la fabrication en France : selon les engagements pris, la qualité, les recettes et le savoir-faire devraient être préservés.
Mais il faudra rester attentif aux possibles évolutions tarifaires et à la stratégie de Ferrero sur le long terme : toutes les promesses ne sont pas toujours tenues quand les marques passent sous pavillon étranger.
📊 Une stratégie cohérente dans un marché en transformation
Le marché mondial de la confiserie est en pleine mutation :
- Les consommateurs cherchent des produits plus sains, plus transparents et plus locaux.
- Les grandes marques doivent se diversifier pour rester compétitives face aux acteurs bio, vegan ou artisanaux.
- Le snacking reste un segment en forte croissance, notamment chez les jeunes adultes.
Avec ce rachat, Ferrero se dote d’un atout précieux pour répondre à ces tendances tout en enrichissant son portefeuille. C’est aussi une manière de revenir sur le devant de la scène en France, après des années où la marque avait concentré ses efforts ailleurs.
✅ En résumé
| Élément | Détail |
|---|---|
| Acquéreur | Ferrero (via Ferrara Candy) |
| Cibles | Carambar, Lutti, Michoko, Poulain, Krema… |
| Vendeur | Eurazeo (actionnaire principal de CPK) |
| Montant estimé | Environ 240 M€ de sortie pour Eurazeo |
| Production | Maintenue en France, 3 sites industriels actifs |
| Finalisation prévue | 4ᵉ trimestre 2025 (sous réserve de validation) |
| Objectif stratégique | Renforcer l’offre de confiserie sucrée globale |
🎯 Conclusion
Le rachat de Carambar & Co par Ferrero est plus qu’un simple mouvement de consolidation industrielle. C’est une opération symbolique qui marque la rencontre entre des marques populaires françaises et un géant du sucré mondial. Si la promesse de continuité et de respect du patrimoine industriel est tenue, ce mariage pourrait bénéficier aussi bien aux salariés qu’aux consommateurs. Il ne reste plus qu’à surveiller l’évolution de cette alliance, entre tradition et mondialisation.

















