Dans plusieurs de ses sites en France, le fabricant Eurenco, spécialisé dans la production d’explosifs et de matériaux pyrotechniques, est le théâtre d’un mouvement social notable cette fin janvier et début février 2026. Des salariés ont décidé de se mettre en grève pour réclamer non seulement de meilleures rémunérations, mais aussi la reconnaissance de leur travail dans un contexte économique tendu.
Un mouvement social qui prend de l’ampleur
Depuis le lundi 26 janvier, des salariés d’Eurenco ont entamé un mouvement de grève sur plusieurs sites, dont principalement ceux de Bergerac en Dordogne et Sorgues dans le Vaucluse. Ces actions, appelées par les syndicats, concernent aujourd’hui plusieurs dizaines voire centaines de travailleurs déterminés à faire entendre leurs revendications salariales après des négociations jugées insuffisantes avec la direction.
Les grévistes se sont rassemblés devant les usines, drapeaux syndicaux en main, exprimant une colère qui ne se limite pas à un simple désaccord sur les chiffres, mais touche à leur reconnaissance professionnelle et à leur qualité de vie.
Des revendications claires et exigeantes
Les salariés et leurs représentants syndicaux ont présenté des demandes précises, mettant en évidence un fort mécontentement face au pouvoir d’achat qui stagne, voire recule, au regard de l’inflation et des charges quotidiennes. Parmi leurs principales revendications :
- Une augmentation générale de 130 euros brut par mois pour tous les salariés, quel que soit leur poste ou leur ancienneté.
- Une revalorisation significative de la prime d’ancienneté, qui devrait passer d’environ 15 % à 20 %.
- Une meilleure prise en charge de la mutuelle par l’employeur, afin d’alléger les frais de santé des effectifs.
- La transformation de nombreux contrats intérimaires en contrats à durée indéterminée (CDI), pour lutter contre la précarité de l’emploi et améliorer la stabilité professionnelle.
Ces revendications traduisent une volonté de faire reconnaître non seulement le travail manuel et parfois pénible réalisé au quotidien, mais aussi la nécessité de préserver le pouvoir d’achat des salariés face à l’augmentation généralisée du coût de la vie.
Des tensions persistantes avec la direction
Les discussions entre les syndicats et la direction d’Eurenco ont été vives. La direction, tout en reconnaissant l’importance d’un dialogue social constructif, ne s’est pas montrée immédiatement prête à satisfaire toutes les demandes dans leur intégralité. Face à ce refus ou à des réponses jugées insuffisantes par les syndicats, les salariés ont opté pour le maintien de la grève et de nouvelles mobilisations.
Un nombre significatif de travailleurs a rejeté les propositions de la direction lors des négociations annuelles obligatoires, estimant que celles-ci n’étaient pas à la hauteur des efforts fournis ni des attentes légitimes du personnel.
Une mobilisation qui s’inscrit dans un contexte social plus large
Le mouvement chez Eurenco n’est pas isolé : il reflète une tension sociale plus générale qui traverse plusieurs secteurs industriels dans le pays. De nombreux salariés, confrontés à une inflation constante et à des augmentations de salaires jugées dérisoires par certaines organisations syndicales, expriment une frustration croissante. La grève chez Eurenco s’inscrit donc dans une dynamique plus large de revendications salariales, où de nombreux travailleurs demandent à être rémunérés de manière plus juste, notamment lorsque leurs entreprises affichent de bons résultats économiques ou une forte activité.
À Eurenco, la demande d’une augmentation de 130 euros brut est symbolique : elle représente plus qu’un montant, selon les représentants syndicaux, une mesure concrète de dignité et de respect du travail accompli.
L’impact sur la production et les activités
Le mouvement social a causé des perturbations sur les lignes de production, ralentissant certains process industriels dans les usines concernées. Si la production n’est pas totalement paralysée, l’arrêt partiel ou la réduction du rythme de travail dans plusieurs ateliers est désormais perceptible, conséquence directe de la grève reconduite par les salariés.
Pour une entreprise comme Eurenco, dont certaines usines fonctionnent parfois en continu, les ralentissements même partiels peuvent avoir des effets sur le planning et les livraisons, notamment dans un contexte où les besoins en matières pyrotechniques peuvent être importants.
La voix des salariés : entre colère et détermination
Sur les piquets de grève, des salariés témoignent d’un sentiment d’injustice : « Nous travaillons dur, souvent dans des conditions exigeantes, et pourtant nos salaires ne suivent pas l’évolution du coût de la vie », explique un employé présent à Bergerac lors d’un rassemblement. « Nous ne demandons pas des montants extravagants, juste une revalorisation qui nous permette de vivre dignement .»
Un autre gréviste ajoute : « Pour beaucoup d’entre nous, c’est la première fois que nous nous mobilisons ensemble de cette manière. Cela montre à quel point la situation est perçue comme intenable. »
Ces paroles illustrent l’état d’esprit qui anime ce mouvement : une combinaison de colère, de solidarité entre collègues et d’une volonté de faire pression sur la direction pour obtenir des changements concrets.
Quelles perspectives pour l’avenir ?
Alors que la grève se poursuit, les syndicats ont d’ores et déjà annoncé leur intention de maintenir la pression si la direction d’Eurenco ne fait pas de concessions significatives. Cela pourrait inclure des nouvelles journées de mobilisation, des débrayages plus fréquents ou encore des actions coordonnées entre plusieurs sites.
De leur côté, les dirigeants de l’entreprise reconnaissent l’importance du dialogue, mais ils soulignent aussi la nécessité de préserver la compétitivité et l’équilibre économique de leur activité. Les prochains jours seront donc décisifs : une nouvelle série de discussions est attendue, avec l’espoir d’aboutir à un accord satisfaisant pour toutes les parties.
Une grève qui résonne au-delà des portes d’Eurenco
Le mouvement chez Eurenco soulève une question qui traverse aujourd’hui de nombreuses entreprises : quelle est la juste rémunération du travail dans un contexte économique difficile ? Pour beaucoup de salariés, la réponse passe par des augmentations de salaire significatives qui tiennent compte non seulement de l’inflation, mais aussi de la contribution réelle de chacun à la productivité de l’entreprise.
Alors que les négociations se poursuivent, ce mouvement de grève restera observé de près, non seulement par les salariés d’Eurenco eux-mêmes, mais aussi par d’autres travailleurs et organisations syndicales qui voient dans cette mobilisation un symbole de la lutte pour un partage plus équitable des richesses produites.
















