Grève du 18 septembre 2025 : Paris paralysée, une journée historique de mobilisation

Le jeudi 18 septembre 2025, Paris et l’ensemble de l’Île-de-France ont été le théâtre d’une journée de grève et de manifestations d’une ampleur exceptionnelle. Cette mobilisation, initiée par l’intersyndicale et soutenue par le mouvement citoyen « Bloquons tout », visait à protester contre les mesures d’austérité du gouvernement, notamment le plan d’économies de 43,8 milliards d’euros proposé par François Bayrou.


I. Transports : une paralysie totale

A. RATP et SNCF : réseaux à l’arrêt

Dès les premières heures de la matinée, les usagers des transports en commun ont constaté une absence quasi totale de services. Les lignes de métro, RER et bus étaient désertées, les quais vides, et les stations fermées. À la RATP, les quatre syndicats majoritaires (CGT, FO, UNSA-Mobilité et CFE-CGC) avaient appelé à la grève, entraînant une paralysie totale du réseau.

Du côté de la SNCF, les trois principaux syndicats (CGT-Cheminots, CFDT-Cheminots et Unsa Ferroviaire) avaient également déposé un préavis de grève. Les trains à grande vitesse (TGV), les Transiliens et les TER étaient quasi inexistants, obligeant de nombreux voyageurs à renoncer à leurs déplacements ou à se tourner vers des alternatives coûteuses.


II. Éducation : des écoles fermées

A. Une mobilisation massive

Dans le secteur de l’éducation, tous les syndicats enseignants avaient appelé à la grève. Les écoles primaires, collèges et lycées étaient largement fermés. Les enseignants dénonçaient le manque de moyens, les suppressions de postes et les conditions de travail dégradées. Les élèves, souvent laissés sans solution de garde, ont été les premières victimes de cette situation.

Les parents d’élèves ont exprimé leur solidarité envers les enseignants, tout en soulignant les difficultés rencontrées pour organiser la journée de leurs enfants. Certains ont dû recourir à des solutions de dépannage, comme la garde entre voisins ou la prise de congés pour s’occuper de leurs enfants.


III. Services publics : un secteur sous tension

A. Hôpitaux et pharmacies en grève

Les établissements de santé publics, déjà fragilisés par des années de restrictions budgétaires, ont été fortement impactés par cette journée de mobilisation. Les syndicats de la fonction publique hospitalière avaient appelé à la grève pour protester contre les suppressions de lits, le manque de personnel et les conditions de travail difficiles. De nombreux services ont dû réduire leur activité, voire fermer temporairement leurs portes.

Les pharmacies ont également participé au mouvement. Les pharmaciens, soutenus par leurs syndicats, ont fermé leurs officines pour protester contre les baisses de tarifs et la pression exercée sur leurs marges. Cette fermeture a entraîné des difficultés d’approvisionnement pour les patients, notamment pour les traitements chroniques.


IV. Manifestations : une capitale en ébullition

A. Des rassemblements partout à Paris

Tout au long de la journée, les rues de Paris ont été le théâtre de manifestations et de rassemblements. Les points de convergence traditionnels, tels que la Place de la République et la Place de la Nation, ont été investis par des cortèges de manifestants. Les slogans fusaient : « Contre l’austérité, pour nos droits », « Macron, démission », « Bloquons tout, bloquons Bayrou ».

Le mouvement « Bloquons tout », né sur internet en mai 2025, a joué un rôle central dans cette mobilisation. Sans structure hiérarchique, ce collectif citoyen a su fédérer autour de lui une large partie de la population, notamment des jeunes, des retraités et des travailleurs précaires. Leur objectif était clair : faire pression sur le gouvernement pour obtenir le retrait du plan d’économies.


V. Réactions politiques et sociales

A. Le gouvernement face à la contestation

Face à cette mobilisation d’une ampleur inédite, le gouvernement a réagi en appelant au dialogue social. Le ministre démissionnaire des Transports a exprimé sa volonté de trouver des solutions pour apaiser la situation, tout en maintenant que le plan d’économies était nécessaire pour redresser les finances publiques.

Cependant, cette position a été largement critiquée par les syndicats et les partis d’opposition, qui estiment que le gouvernement reste sourd aux revendications sociales. La secrétaire générale de la CGT a déclaré : « Cette journée doit marquer l’enterrement définitif du budget Bayrou ».


VI. Perspectives : vers une convergence des luttes ?

A. Une mobilisation qui perdure

La journée du 18 septembre n’a pas été un événement isolé. Elle s’inscrit dans une série de mobilisations qui ont débuté avec le mouvement « Bloquons tout » le 10 septembre. Les syndicats et les collectifs citoyens annoncent déjà de nouvelles actions pour les semaines à venir, notamment des grèves reconductibles et des manifestations dans toute la France.

Cette convergence des luttes, entre syndicats traditionnels et mouvements citoyens, pourrait marquer un tournant dans la mobilisation sociale en France. Les acteurs sociaux semblent déterminés à faire entendre leur voix face à un gouvernement qu’ils accusent de mener une politique d’austérité aveugle et injuste.


Conclusion : une journée historique

La grève du 18 septembre 2025 restera dans les annales comme une journée historique de mobilisation sociale à Paris. Elle a mis en lumière les fractures sociales et les tensions qui traversent la société française. Si le gouvernement ne répond pas aux attentes exprimées par les manifestants, la contestation risque de se renforcer dans les mois à venir, avec des conséquences potentiellement profondes sur le paysage politique et social du pays.

carle
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