Dans un climat politique de plus en plus tendu autour des questions de transition énergétique, Juliette Briens, essayiste et figure médiatique connue pour ses positions conservatrices, a récemment relancé la polémique sur les éoliennes. Dans un entretien très commenté, elle a affirmé que « l’on devait se débarrasser de toutes les lubies écolos », citant en priorité les parcs éoliens, qu’elle juge inutiles, coûteux et nuisibles à l’environnement comme à la souveraineté nationale.
Ses déclarations, largement relayées sur les réseaux sociaux et dans les sphères politiques de droite, relancent le débat sur la place des énergies renouvelables dans le mix énergétique français et sur la pertinence des investissements publics dans l’éolien.
Une dénonciation sans détour de la politique énergétique actuelle
Selon Juliette Briens, l’éolien incarne « l’échec des politiques vertes idéologiques ». Pour elle, il s’agirait d’un symbole de l’impuissance technocratique, à la fois incapable de répondre aux besoins énergétiques du pays et de respecter les paysages naturels.
« Ces grandes machines qui défigurent nos campagnes ne produisent presque rien. Ce n’est pas une politique énergétique, c’est un totem idéologique », a-t-elle déclaré.
Elle affirme que la politique environnementale actuelle, influencée selon elle par des cercles militants radicaux, détourne les efforts nécessaires pour renforcer les véritables piliers de la souveraineté énergétique française : le nucléaire, la modernisation du réseau électrique et la recherche en technologies de rupture.
Les arguments de Juliette Briens en détail
1. Production intermittente et inefficacité structurelle
Selon elle, l’éolien souffre d’une instabilité de production qui en limite l’intérêt stratégique. Le vent étant intermittent, les éoliennes ne produisent de l’électricité que 20 à 30 % du temps en moyenne.
« On construit des infrastructures lourdes qui ne fonctionnent que quand le vent souffle ? C’est absurde. »
Elle rappelle qu’en période de faible vent, les centrales à gaz ou à charbon doivent prendre le relais, ce qui annule partiellement les bénéfices environnementaux.
2. Dégradation des paysages et opposition locale croissante
Briens insiste également sur la dégradation du cadre de vie, un grief de plus en plus partagé dans les territoires ruraux. De nombreux projets d’éoliennes font face à une opposition farouche des riverains, qui dénoncent nuisances visuelles, sonores, atteintes à la biodiversité, et parfois même des effets sur la santé.
« Ces machines imposées du haut dénaturent notre patrimoine naturel et culturel. »
3. Un coût économique mal évalué
Autre critique : le coût élevé du développement éolien, partiellement financé par l’argent public. Entre subventions, rachat garanti de l’électricité et coûts de raccordement au réseau, les investissements dans l’éolien représenteraient selon elle un gouffre financier.
« On fait payer aux Français des installations qui enrichissent des multinationales de l’énergie verte et qui produisent au mieux de l’énergie de confort. »
4. Une vision alternative : recentrer sur le nucléaire
Fidèle à une vision souverainiste de l’énergie, Juliette Briens plaide pour un retour en force du nucléaire. Elle appelle à relancer massivement les constructions de réacteurs, y compris les petits réacteurs modulaires (SMR), et à investir dans la recherche sur le nucléaire de quatrième génération.
Elle prône également la modernisation du parc existant, la prolongation de la durée de vie des centrales actuelles, et une stratégie de stockage d’électricité à base d’hydrogène ou de batteries plutôt que des renouvelables intermittents.
Réactions contrastées dans le débat public
Les propos de Juliette Briens ont provoqué des réactions tranchées dans les milieux politiques, scientifiques et écologistes.
Du côté des opposants à l’éolien
- Plusieurs élus ruraux ont salué sa prise de position, dénonçant à leur tour l’implantation « autoritaire » d’éoliennes dans leur commune.
- Des associations patrimoniales et paysagères estiment qu’elle met des mots sur un malaise croissant des territoires.
Du côté des défenseurs de l’éolien
- Des ONG environnementales rappellent que l’éolien est essentiel pour atteindre la neutralité carbone en 2050, conformément aux engagements européens.
- De nombreux chercheurs et ingénieurs soulignent que la production éolienne reste l’une des sources d’énergie les plus propres en termes d’émissions de CO₂.
- L’Ademe (Agence de la transition écologique) indique que l’éolien, combiné au solaire, permettrait de limiter les investissements lourds dans de nouveaux réacteurs, coûteux et lents à mettre en service.
Que dit la science ?
Les experts s’accordent sur certains points : l’éolien est intermittent, mais il est complémentaire d’autres sources (nucléaire, hydraulique, solaire). La clé serait dans l’équilibre, la gestion intelligente du réseau, le développement du stockage, et la diversification.
Par ailleurs, les coûts de l’éolien ont largement baissé ces dernières années. Selon RTE, la production éolienne reste compétitive par rapport à de nouvelles installations nucléaires (en coût au kWh), bien que leur rôle reste différent dans le mix.
Un clivage politique de plus en plus visible
Les déclarations de Juliette Briens s’inscrivent dans un mouvement plus large de remise en cause de l’écologie technocratique, de plus en plus présent dans certains courants politiques à droite et à l’extrême droite. Cette critique cible ce qu’ils perçoivent comme une transition énergétique imposée par les élites urbaines, au détriment des populations rurales.
Le gouvernement, de son côté, tente de maintenir une ligne d’équilibre : relancer le nucléaire tout en poursuivant le développement des renouvelables. Mais la tension monte, notamment à l’approche des élections, où les projets d’éoliennes deviennent parfois un enjeu local décisif.
Le discours de Juliette Briens vient raviver un débat complexe et passionné sur l’avenir énergétique de la France. Si certains de ses arguments trouvent un écho dans l’opinion, d’autres dénoncent une vision réductrice et idéologique qui passe à côté des enjeux environnementaux à long terme.
La question reste entière : faut-il opposer éolien et nucléaire, ou au contraire les considérer comme des alliés stratégiques dans un mix énergétique bas-carbone ?
Ce qui est certain, c’est que le sujet ne cessera de faire débat dans les années à venir, entre pragmatisme énergétique, impératifs climatiques, et tensions territoriales.

















