Le gouvernement français dit adieu à WhatsApp: l’application française Olvid devient obligatoire pour les fonctionnaires

Face aux enjeux croissants de la cybersécurité et de la souveraineté numérique, le gouvernement français a pris une décision majeure en matière de communication interne. Depuis la fin 2023, les ministères et les fonctionnaires sont invités à abandonner les applications de messagerie étrangères populaires telles que WhatsApp, Telegram ou Signal, pour adopter une solution française plus sécurisée : Olvid. Cette décision s’inscrit dans une stratégie globale visant à renforcer la protection des échanges sensibles et à réduire la dépendance aux géants technologiques étrangers.

Pourquoi bannir WhatsApp et les autres applications populaires ?

WhatsApp, propriété de Meta (anciennement Facebook), est l’une des applications de messagerie les plus utilisées au monde. Pourtant, malgré sa popularité, elle soulève plusieurs inquiétudes dans le contexte gouvernemental :

  • Problèmes de confidentialité : Bien que WhatsApp propose un chiffrement de bout en bout, ses pratiques de collecte de données, notamment pour des raisons publicitaires ou d’analyse, sont jugées peu compatibles avec les exigences de sécurité gouvernementale.
  • Dépendance technologique : L’usage d’applications étrangères expose les communications à des risques d’espionnage ou d’ingérence, notamment par des États tiers ou des entités privées.
  • Absence d’audit national : WhatsApp et consorts ne sont pas certifiées par les autorités françaises compétentes, telles que l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI).

Ces points ont conduit la Première ministre Élisabeth Borne à signer, en novembre 2023, une circulaire imposant la suppression des applications non auditées d’ici début décembre 2023.

Olvid, l’alternative française qui mise sur la sécurité et la confidentialité

Développée par une start-up française lancée en 2019, Olvid est une application de messagerie instantanée pensée dès sa conception pour offrir une sécurité maximale et respecter la vie privée. Ses caractéristiques principales sont :

  • Pas de collecte de numéro de téléphone : L’inscription ne requiert pas de numéro personnel, limitant ainsi la quantité d’informations personnelles stockées.
  • Chiffrement de bout en bout renforcé : Tous les messages sont cryptés de façon à ce que seules les parties concernées puissent les lire, sans intervention possible d’intermédiaires.
  • Certification ANSSI (CSPN) : L’application a obtenu la certification de sécurité délivrée par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information, gage de confiance et de conformité aux standards nationaux.
  • Fonctionnalités adaptées au monde professionnel : En plus de la messagerie classique, Olvid propose des fonctionnalités pour le travail collaboratif sécurisé.

Cette solution française permet donc au gouvernement de mieux contrôler les flux de communication sensibles, en évitant les risques liés à des outils extérieurs.

Une étape vers la souveraineté numérique française

La décision de faire d’Olvid l’application de messagerie officielle des fonctionnaires s’inscrit dans une volonté politique plus large : celle de renforcer la souveraineté numérique du pays. Dans un contexte international où les questions de cybersécurité, d’espionnage et de contrôle des données prennent une importance cruciale, la France cherche à réduire sa dépendance à des acteurs étrangers.

Cela signifie soutenir le développement local de technologies de confiance et garantir que les données des administrations restent sous contrôle national. Cette démarche est en phase avec d’autres initiatives françaises et européennes visant à promouvoir la cybersécurité et la protection des données.

Réactions et enjeux

Cette annonce a suscité des réactions mitigées :

  • Soutien des experts en sécurité : Beaucoup saluent cette initiative qui place la sécurité et la confidentialité au cœur des échanges officiels. L’utilisation d’une solution certifiée par l’ANSSI garantit une meilleure maîtrise des risques.
  • Critiques sur l’interopérabilité : Certains pointent les difficultés potentielles de communication entre les fonctionnaires et les acteurs externes, qui continueront d’utiliser WhatsApp, Telegram ou Signal.
  • Question de l’adoption et de la formation : Passer à une nouvelle application nécessite des formations, des mises à jour des procédures et un accompagnement des agents pour garantir une adoption fluide.

Le gouvernement, conscient de ces défis, a prévu un accompagnement technique et pédagogique pour faciliter la transition.

Conclusion

Le choix d’Olvid comme messagerie officielle des fonctionnaires français marque un tournant dans la politique de cybersécurité gouvernementale. En privilégiant une application locale, certifiée et respectueuse de la vie privée, la France affirme sa volonté d’indépendance technologique et de protection des informations sensibles. Cette initiative devrait servir d’exemple et encourager d’autres pays à suivre une voie similaire face aux enjeux numériques contemporains.

carle
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