Les salariés des commerces pourront récupérer les invendus alimentaires

C’est une mesure attendue de longue date par les salariés comme par les acteurs de la lutte contre le gaspillage. Désormais, les employés des commerces alimentaires pourront récupérer plus facilement les invendus, une évolution qui marque un changement important dans la gestion des produits non vendus en fin de journée.

Une nouvelle étape contre le gaspillage alimentaire

Chaque année, des tonnes de produits encore consommables sont jetées par les commerces pour des raisons logistiques, sanitaires ou réglementaires. Si les dons aux associations sont déjà encadrés, la récupération par les salariés restait jusqu’ici floue, souvent interdite ou tolérée de manière informelle.

La nouvelle règle vise à clarifier et sécuriser cette pratique, en permettant aux employés de récupérer certains invendus qui ne peuvent plus être commercialisés mais restent parfaitement propres à la consommation.

Quels produits sont concernés ?

La récupération concerne principalement :

  • les produits dont la date limite de consommation est proche,
  • les fruits et légumes présentant des défauts esthétiques,
  • les produits d’emballage abîmés mais non ouverts,
  • certaines préparations invendues en fin de journée.

En revanche, les produits périssables à risque ou ne respectant plus les normes sanitaires restent exclus du dispositif.

Un cadre encadré pour éviter les abus

Pour les employeurs, l’enjeu est de trouver un équilibre. La récupération des invendus par les salariés doit s’effectuer dans un cadre strict, afin d’éviter toute dérive ou incitation à la surproduction.

Des règles internes peuvent être mises en place, comme :

  • des plages horaires dédiées à la récupération,
  • des quantités limitées par salarié,
  • une traçabilité minimale des produits concernés.

L’objectif affiché est clair : valoriser l’existant, pas créer un système parallèle.

Un gain de pouvoir d’achat pour les salariés

Dans un contexte d’inflation persistante, cette mesure représente aussi un soutien concret au pouvoir d’achat. Pour de nombreux salariés du commerce, souvent rémunérés au SMIC ou à temps partiel, la possibilité de récupérer des invendus alimentaires peut alléger significativement le budget courses.

Au-delà de l’aspect financier, la mesure est aussi perçue comme une forme de reconnaissance du travail effectué quotidiennement.

Un impact positif pour l’image des enseignes

Pour les enseignes, autoriser la récupération des invendus par les salariés permet également d’améliorer leur image sociale et environnementale. Moins de déchets, moins de gaspillage et une meilleure valorisation des produits : le message est positif, tant en interne qu’auprès du public.

Cette pratique s’inscrit dans une tendance plus large de responsabilisation des acteurs de la distribution face aux enjeux climatiques et sociaux.

Une mesure encore appelée à évoluer

Si cette avancée est saluée, elle ne règle pas à elle seule le problème du gaspillage alimentaire. Associations, syndicats et distributeurs s’accordent sur un point : la récupération par les salariés doit venir en complément, et non en remplacement, des dons aux associations et des politiques de réduction à la source.

Des ajustements sont encore attendus pour harmoniser les pratiques selon la taille des commerces et les secteurs concernés.

Vers une nouvelle culture de l’invendu

En autorisant les salariés à récupérer les invendus alimentaires, le secteur du commerce amorce un changement de culture. L’invendu n’est plus systématiquement synonyme de déchet, mais devient une ressource à redistribuer intelligemment.

Une évolution pragmatique, sociale et écologique, qui pourrait bien s’imposer comme une nouvelle norme dans les années à venir.

carle
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