Pernod Ricard et l’accord sur le Cognac en Chine : un soulagement stratégique, des coûts moins élevés qu’anticipé

La tension montait depuis plusieurs mois entre les producteurs de Cognac — en particulier les grandes maisons françaises comme Hennessy (LVMH), Rémy Cointreau ou Martell (Pernod Ricard) — et les autorités commerciales chinoises. En cause : une enquête anti-dumping lancée début 2024 par Pékin sur les importations de spiritueux français, soupçonnés d’être vendus à des prix inférieurs au marché, mettant en difficulté les producteurs locaux.

Mais un accord vient d’être conclu entre Pernod Ricard et la Chine, et il apporte une double surprise : d’un côté, la normalisation des relations commerciales, de l’autre, des surcoûts moindres qu’anticipé, ce qui permet au groupe français de souffler… pour le moment.


📦 Contexte : le Cognac dans la tourmente

Le marché chinois représente plus de 25 % des exportations de Cognac, et même jusqu’à 40 % pour certaines marques premium. C’est un débouché stratégique :

  • Une classe moyenne en pleine expansion,
  • Une forte culture du cadeau d’affaires,
  • Une préférence marquée pour les spiritueux vieillis et occidentaux.

Mais en réponse aux tensions diplomatiques entre l’Union européenne et la Chine, Pékin avait lancé une enquête anti-dumping ciblant les producteurs de Cognac, accusés de pratiques commerciales déloyales. Le spectre de droits de douane supplémentaires et de quotas d’importation planait depuis plus d’un an.


🤝 Un accord avec Pékin qui désamorce la crise

Selon les informations confirmées par Pernod Ricard, un accord bilatéral a été trouvé fin juin 2025 avec les autorités chinoises. Il prévoit :

  • Un plafonnement modéré des volumes d’exportation, sur la base des niveaux de 2023,
  • Une revalorisation minimale des prix d’entrée de gamme pour répondre aux exigences locales,
  • Un gel temporaire des droits anti-dumping, sous réserve d’un suivi trimestriel.

Ce que cela signifie :

  • Pas de sanctions lourdes pour Pernod Ricard ou ses concurrents,
  • Une continuité d’accès au marché chinois pour les marques premium,
  • Une stabilité pour les distributeurs locaux, inquiets de la pénurie potentielle.

💰 Des coûts « inférieurs aux prévisions »

La bonne nouvelle pour Pernod Ricard réside dans le coût final de l’ajustement logistique et tarifaire, jugé « raisonnable et absorbable » selon les mots du directeur financier du groupe.

Estimations internes :

  • Surcoût de 2 à 3 % par bouteille exportée, inférieur aux 7 % initialement envisagés,
  • Aucun impact significatif attendu sur les marges globales du pôle spiritueux,
  • Des ajustements marketing en Chine pour repositionner certaines références, mais sans campagne majeure à relancer.

La maison Martell, fleuron Cognac du groupe Pernod Ricard, pourra donc continuer à croître sur le marché asiatique, tout en protégeant ses volumes et ses partenariats avec les distributeurs locaux.


📈 Réaction des marchés

À l’annonce de l’accord, le titre Pernod Ricard a légèrement progressé en Bourse (+1,4 %), salué par les analystes :

  • Le risque chinois est « temporairement levé », ce qui rassure les investisseurs,
  • Les coûts maîtrisés permettent de préserver les prévisions de résultats annuels,
  • L’accord pourrait servir de modèle pour d’autres producteurs, voire pour les discussions franco-chinoises plus larges sur les produits agricoles (vin, fromage, etc.).

🇫🇷 Une victoire aussi pour la diplomatie française ?

Selon plusieurs sources proches du dossier, le ministère français du Commerce extérieur a joué un rôle d’intermédiaire discret dans ce dénouement. Des échanges réguliers auraient eu lieu entre Paris, Bruxelles et Pékin pour éviter une escalade similaire à celle qui a concerné les voitures électriques européennes.

L’accord entre Pernod Ricard et la Chine pourrait donc marquer un détente symbolique, à un moment où les relations commerciales UE-Chine sont sous haute tension.


📌 En résumé

ÉlémentDétail
Objet de l’accordNormalisation des exportations de Cognac vers la Chine
ContexteEnquête anti-dumping chinoise sur les spiritueux français
Impact pour Pernod RicardCoûts supplémentaires < 3 %, accès au marché préservé
Réaction des marchésLéger rebond du titre, soulagement général
Implication diplomatiqueSoutien discret de la France dans les négociations

🥃 Conclusion : un soulagement… sous conditions

L’accord signé entre Pernod Ricard et la Chine représente une sortie par le haut d’un conflit commercial sensible, qui aurait pu déstabiliser tout un pan de l’industrie française des spiritueux. Si les conditions sont respectées, le marché chinois restera un moteur de croissance majeur pour le Cognac dans les années à venir.

Mais cet épisode rappelle aussi la fragilité des équilibres commerciaux, surtout dans un monde géopolitique instable. Les groupes français devront redoubler de vigilance pour préserver leur accès aux marchés stratégiques comme la Chine, sans compromettre leur indépendance ni leur image de marque.

carle
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