Une découverte potentielle qui pourrait bouleverser notre compréhension du Système solaire
Depuis près d’une décennie, les astronomes cherchent la mystérieuse Planète 9, un corps céleste hypothétique situé bien au-delà de l’orbite de Neptune, supposé être responsable d’étranges anomalies gravitationnelles dans la ceinture de Kuiper. Aujourd’hui, une nouvelle étude relance sérieusement la chasse, avec un candidat concret repéré dans les données d’anciens satellites infrarouges japonais et américains.
🛰 Une enquête dans les archives du ciel
L’étude récente, déposée sur arXiv le 15 juin 2025, a été menée par une équipe internationale dirigée par Amos Y-A Chen et le chercheur japonais Tomotsugu Goto, avec la collaboration de scientifiques de Taïwan, du Japon et des États-Unis. Ils ont entrepris une analyse minutieuse des données recueillies par deux anciens satellites :
- IRAS (Infrared Astronomical Satellite), lancé en 1983 par la NASA.
- AKARI, un télescope spatial infrarouge japonais ayant fonctionné de 2006 à 2011.
Leur objectif ? Identifier des objets froids, éloignés, émettant un faible rayonnement thermique détectable dans l’infrarouge — typiques de ce que l’on attendrait pour une Planète 9 orbitant à plus de 500 unités astronomiques (UA) du Soleil.
🔍 13 signaux suspects, un seul ressort vraiment du lot
L’analyse a mis au jour 13 paires de détections montrant des sources infrarouges apparaissant à une position dans IRAS en 1983, puis légèrement déplacées dans les données d’AKARI près de 24 ans plus tard.
Parmi elles, un candidat se distingue nettement. Ce point lumineux semble s’être déplacé de 47,4 minutes d’arc sur 23 années, ce qui correspond à une trajectoire cohérente avec un objet en orbite extrêmement lointaine autour du Soleil — à une distance estimée entre 500 et 700 UA. En comparaison, Neptune se trouve à environ 30 UA, et Pluton à ~39 UA.
L’objet aurait une masse estimée entre 5 et 17 fois celle de la Terre, ce qui correspond également à l’ordre de grandeur attendu pour la Planète 9.
🧊 Pourquoi en infrarouge ?
Ce genre d’objet, s’il existe, serait extrêmement froid (entre -200 et -240°C), donc quasiment invisible dans les longueurs d’onde visibles. En revanche, il émettrait un peu de chaleur résiduelle, perceptible en infrarouge thermique.
Les données infrarouges présentent un avantage considérable : la luminosité d’un corps ne décroît qu’avec le carré de la distance (∝ 1/d²), contre le quart de la puissance réfléchie dans le visible (∝ 1/d⁴). Cela fait toute la différence à ces distances extrêmes.
C’est pourquoi AKARI et IRAS, bien que modestes comparés aux télescopes actuels, sont d’une valeur inestimable pour repérer les objets lointains.
🔭 Ce que nous savons… et ce qui reste à prouver
Malgré cet indice majeur, les chercheurs restent prudents. Pour l’instant, il ne s’agit que d’un candidat sérieux. Il faudra :
- Confirmer l’existence du point lumineux dans de nouvelles observations, idéalement optiques.
- Mesurer son déplacement avec précision pour déterminer s’il s’agit bien d’un objet gravitant autour du Soleil et non d’un astéroïde, d’un artefact, ou d’un corps transitoire plus proche.
- Calculer une orbite complète, ce qui nécessitera plusieurs mois, voire années d’observation.
Des télescopes comme Subaru à Hawaï, la Dark Energy Camera (DECam) au Chili, ou encore le Vera Rubin Observatory pourraient être mobilisés dans les mois à venir pour suivre ce candidat.
🌌 Un mystère vieux de plusieurs siècles
L’idée d’une planète inconnue au-delà de Neptune n’est pas nouvelle. Déjà au XIXe siècle, l’existence de Neptune elle-même avait été prédite à partir d’anomalies gravitationnelles dans l’orbite d’Uranus. Depuis 2016, les travaux de Michael Brown et Konstantin Batygin (Caltech) ont relancé l’hypothèse d’une neuvième planète, en identifiant des regroupements anormaux d’objets transneptuniens.
Le signal détecté dans les archives d’AKARI pourrait bien être la première preuve directe de ce monde caché — ou du moins, un pas décisif vers sa découverte.
🧭 Conclusion : une énigme bientôt résolue ?
Si ce candidat est confirmé, cela marquerait une découverte planétaire historique, la première depuis celle de Neptune en 1846. Cela bouleverserait notre conception du Système solaire, imposant une révision complète de son histoire et de sa dynamique.
Mais pour l’instant, prudence. L’objet reste non identifié, et il faudra le “retrouver” en temps réel dans le ciel pour valider son statut.
Quoi qu’il en soit, cette piste relance l’espoir : la Planète 9 pourrait ne plus être un mythe, mais une simple question de patience et de persévérance scientifique.

















