Au cours de l’année 2025, la compagnie aérienne Ryanair a annoncé une importante réduction de ses activités en France, conséquence directe de la hausse de la taxe de solidarité sur les billets d’avion (TSBA). Cette décision suscite de vifs débats entre le gouvernement, les compagnies aériennes et les acteurs du tourisme, alors que l’impact économique et territorial pourrait être considérable.
Une taxe triplée qui change la donne
Depuis le 1er mars 2025, le gouvernement français a triplé la TSBA, qui passe de 2,63 € à environ 7,40 € pour les vols économiques en Europe. Pour les trajets plus longs, la taxe atteint désormais 15 € ou 40 €, tandis que les classes affaires et les jets privés sont soumis à des montants encore plus élevés. Cette mesure a pour objectif de générer entre 800 et 850 millions d’euros supplémentaires afin de financer des politiques environnementales et solidaires.
Cependant, Ryanair, dont le modèle économique repose sur des prix bas et un remplissage maximal des avions, juge cette hausse incompatible avec la rentabilité de nombreuses liaisons régionales françaises. La compagnie dénonce une fiscalité « astronomique » qui réduirait la compétitivité de la France face à d’autres pays européens.
Une réduction drastique des vols en France
En réponse à cette hausse, Ryanair a annoncé une réduction de 13 % de sa capacité en France pour l’hiver 2025, soit 750 000 sièges supprimés et 25 lignes annulées. Trois aéroports régionaux – Bergerac, Brive et Strasbourg – perdront entièrement la présence de Ryanair. La compagnie avait déjà cessé ses activités à l’aéroport de Vatry en mars, mettant fin aux deux lignes vers Porto et Marrakech, qui représentaient l’essentiel du trafic de cette plateforme.
Au total, la compagnie prévoit une baisse globale de 4 à 5 % de sa capacité en France sur l’année 2025, ce qui équivaut à environ un million de passagers en moins par rapport à 2024.
Conséquences pour les territoires et le tourisme
Cette décision aura un impact majeur sur les aéroports régionaux, qui dépendent souvent des compagnies low-cost pour maintenir leur activité. Des infrastructures comme Limoges, Brive ou Bergerac voient leur attractivité menacée. Les pertes économiques pourraient être significatives : baisse de fréquentation touristique, réduction des emplois liés au secteur aérien et fragilisation de l’économie locale.
Les professionnels du tourisme et certains élus locaux s’inquiètent de voir des territoires entiers moins connectés, notamment pour les liaisons vers l’Espagne, le Portugal ou le Maroc, très prisées des voyageurs.
Ryanair pourrait aller encore plus loin en 2026
La compagnie a averti que si la fiscalité française ne changeait pas, elle pourrait réduire davantage ses investissements et supprimer de nouvelles lignes dès l’été 2026. Ryanair préfère réallouer ses avions vers des marchés jugés plus compétitifs, comme la Suède, l’Italie ou la Hongrie, où les taxes sur les billets d’avion sont plus faibles.
Un débat politique et environnemental intense
Le gouvernement défend cette taxe comme un outil nécessaire pour financer la transition écologique et favoriser une réduction de l’empreinte carbone du transport aérien. De leur côté, les compagnies aériennes et les aéroports dénoncent une mesure « contre-productive » qui risquerait de détourner les passagers vers d’autres pays voisins où les vols sont moins chers, sans réel gain écologique.
Cette confrontation illustre les tensions entre les impératifs environnementaux et les enjeux économiques du transport aérien. L’avenir de certaines liaisons régionales françaises pourrait se jouer dans les prochains mois en fonction des négociations et de l’évolution de la politique fiscale.
Conclusion
La réduction des opérations de Ryanair en France marque un tournant pour l’aviation low-cost dans l’Hexagone. Si la taxe sur les billets d’avion reste inchangée, d’autres suppressions de lignes sont à prévoir, menaçant l’accessibilité de nombreux territoires et fragilisant le secteur touristique. L’affaire met en lumière le dilemme auquel sont confrontés les gouvernements : concilier objectifs environnementaux et maintien d’une offre de transport aérien abordable et compétitive.

















