En 2025, peu de jeux vidéo peuvent se targuer d’innover autant sur le fond que sur la forme. Mais The Alters, la nouvelle pépite des développeurs de 11 bit studios (This War of Mine, Frostpunk), ose proposer une expérience de science-fiction introspective, exigeante et bouleversante. Disponible sur PC, PS5 et Xbox Series, le jeu vous plonge dans la peau d’un homme ordinaire confronté à un dilemme extraordinaire : survivre en affrontant ses autres « moi ».
Une histoire de survie qui va bien au-delà de la vie ou de la mort
Le joueur incarne Jan Dolski, un technicien spatial en mission pour une entreprise minière. À la suite d’un incident majeur, Jan se retrouve seul sur une planète désertique, irradiée et mortelle. Coupé du reste de l’univers, il n’a qu’un objectif : s’échapper. Mais pour cela, il lui faudra réparer et faire fonctionner une base mobile tout en résistant à un environnement extrêmement hostile.
Là où le jeu prend une tournure unique, c’est avec l’introduction d’une technologie rare : le Rapidium, un matériau permettant de créer des versions alternatives de soi-même, baptisées “Alters”. Ces clones sont bien plus que de simples copies : ils incarnent des choix de vie différents, des versions de Jan qui ont pris d’autres chemins – l’un est médecin, un autre ingénieur, un troisième moine ou même musicien.
Ce postulat transforme The Alters en une expérience philosophique qui pousse le joueur à réfléchir sur le destin, le libre arbitre, les regrets et la question ultime : « Et si j’avais fait d’autres choix dans ma vie ? »
Une mécanique de jeu innovante et bien huilée
1. Gestion de la base roulante
La base où vit Jan fonctionne comme un centre mobile modulaire. Chaque module a une utilité spécifique : laboratoires, générateurs, dortoirs, salles de repos, unités de production… L’organisation de cette base est essentielle à la survie.
Le joueur doit :
- attribuer des tâches aux Alters,
- maintenir la production d’énergie,
- extraire des ressources extérieures,
- réparer les dégâts causés par les tempêtes ou radiations.
La forme circulaire de la base crée une dynamique originale : chaque module a un coût de construction et son emplacement influe sur les déplacements et la logistique.
2. Gestion du temps et du stress
Le temps est une ressource cruciale : une minute IRL équivaut à une minute dans le jeu. Pendant que Jan dort, mange ou discute, les minutes s’égrènent, et chaque événement se rapproche : orages radioactifs, pannes, manque d’oxygène… Le stress est omniprésent.
3. Interactions avec les Alters
Chaque Alter est unique. Il possède :
- une personnalité propre,
- des souvenirs différents,
- des opinions et états émotionnels évolutifs.
Ils ne sont pas des machines dociles : ils peuvent tomber en dépression, se sentir inutiles, contester vos décisions, ou pire, refuser d’obéir. Le joueur doit instaurer un climat de confiance, écouter les Alters, résoudre les conflits, et parfois faire des choix radicaux : faut-il supprimer un Alter devenu trop instable ?
Une réflexion existentielle camouflée dans un jeu de survie
The Alters n’est pas simplement un jeu : c’est un miroir. Chaque interaction avec un Alter pousse le joueur à se demander : « Et moi, dans ma vie réelle, quels choix ai-je laissés passer ? » Le jeu explore des thématiques fortes :
- le poids des regrets,
- la culpabilité,
- la solitude et la folie,
- la quête de rédemption.
Certains dialogues sont déchirants : un Alter vous reprochera d’avoir abandonné votre famille, un autre de n’avoir jamais poursuivi vos rêves. Ces confrontations créent une tension narrative rare dans le jeu vidéo, presque théâtrale.
Une ambiance sonore et visuelle envoûtante
Techniquement, The Alters est très soigné :
- Des paysages extraterrestres splendides, mais angoissants : dunes rouges, cieux noirs déchirés par des éclairs bleus, structures abandonnées…
- Une base mobile crédible, avec animations détaillées, lumières dynamiques, et effets météo immersifs.
- Un design sonore de qualité : bourdonnements inquiétants, musiques minimalistes, bruitages étouffés dans les combinaisons…
Les voix originales (VO uniquement) sont excellentes. La prestation de l’acteur incarnant Jan est juste et poignante. Le jeu n’a malheureusement pas de doublage français, mais propose des sous-titres bien traduits.
⚠️ Quelques faiblesses à signaler
Bien que salué par la critique, le jeu n’est pas exempt de défauts :
- Courbe de difficulté abrupte : les premières heures sont déroutantes, surtout pour les non-initiés aux jeux de gestion.
- Micro-gestion intensive : à mesure que les Alters se multiplient, il devient parfois fastidieux de jongler entre leurs besoins.
- Bugs mineurs : textures clignotantes, interactions qui se bloquent, IA parfois capricieuse.
- Pas de mode multijoueur : The Alters reste une expérience strictement solo.
- Aucune assistance contextuelle pour les choix moraux : tout repose sur votre intuition.
📈 Accueil critique et public
Dès sa sortie, The Alters a impressionné la presse spécialisée :
| Média | Note | Commentaire |
|---|---|---|
| PC Gamer | 90/100 | « Un jeu de survie intelligent, à la tension inégalée. » |
| The Sixth Axis | 9/10 | « L’un des récits les plus marquants de l’année. » |
| The Verge | – | « Un chef-d’œuvre d’étrangeté et d’humanité. » |
| Meristation | 8.5/10 | « Un jeu exigeant mais fascinant. » |
| Steam (joueurs) | 89 % d’évaluations positives | « Une pépite pour les amateurs de solitude et d’introspection. » |
Pour qui est ce jeu ?
The Alters est un jeu destiné :
- Aux fans de survie exigeante et de gestion stratégique.
- Aux joueurs qui aiment les récits matures, introspectifs, profonds.
- À ceux qui ont aimé Frostpunk, Death Stranding ou Outer Wilds.
Ce n’est pas un jeu d’action, ni un shooter. Il demande du temps, de la patience, de l’investissement émotionnel. Mais ceux qui s’y plongent y trouveront une expérience vidéoludique rare, touchante, presque littéraire.
✅ une œuvre majeure et originale
The Alters est plus qu’un jeu vidéo : c’est un voyage intérieur, une œuvre d’art interactive sur le poids des décisions et la complexité de l’identité humaine. Il réussit à allier tension dramatique, gameplay intelligent et propos philosophique.
S’il exige un certain effort pour en apprécier toutes les subtilités, il récompense largement le joueur qui accepte de s’immerger dans sa solitude écrasante et ses réflexions métaphysiques.
📝 Note finale : 18,5/20
| Critère | Note |
|---|---|
| Histoire & scénario | 19.5/20 |
| Gameplay & mécanique | 17/20 |
| Immersion visuelle & sonore | 18/20 |
| Difficulté & accessibilité | 15/20 |
| Originalité & portée émotionnelle | 20/20 |

















