TotalEnergies : premiers volumes de CO₂ stockés avec Equinor

Le 25 août 2025, un jalon significatif a été franchi dans la lutte contre le changement climatique avec l’injection réussie des premiers volumes de dioxyde de carbone (CO₂) dans le réservoir Aurora, situé à 2 600 mètres sous le fond marin de la mer du Nord. Ce projet, baptisé Northern Lights, est le fruit d’un partenariat entre TotalEnergies, Equinor et Shell, et représente une avancée majeure dans le domaine de la capture et du stockage du carbone (CSC).


Northern Lights : un projet pionnier

Contexte et objectifs

Northern Lights s’inscrit dans le cadre de l’initiative norvégienne Longship, un programme national visant à réduire les émissions de CO₂ des secteurs industriels difficiles à décarboner. Le projet a pour objectif de capturer, transporter et stocker de manière permanente le CO₂ émis par diverses industries, contribuant ainsi à la réalisation des objectifs climatiques de la Norvège et de l’Europe.

Phase 1 : une capacité de stockage de 1,5 million de tonnes par an

La première phase de Northern Lights, opérationnelle depuis 2024, dispose d’une capacité de stockage de 1,5 million de tonnes de CO₂ par an. Cette capacité est déjà entièrement réservée par plusieurs clients industriels, dont Heidelberg Materials (Norvège), Yara (Pays-Bas), Ørsted (Danemark), Stockholm Exergi (Suède) et Hafslund Celsio (Norvège) .


Le processus de stockage du CO₂

Capture et transport

Le CO₂ capturé est d’abord liquéfié sur le site industriel, puis transporté par navire jusqu’au terminal de réception situé à Øygarden, en Norvège. De là, il est acheminé via un pipeline sous-marin de 100 kilomètres jusqu’au site de stockage offshore.

Injection dans le réservoir Aurora

Une fois arrivé sur le site, le CO₂ est injecté dans le réservoir Aurora, une formation géologique située à 2 600 mètres sous le fond marin. Ce processus garantit un stockage sécurisé et permanent du CO₂, empêchant ainsi son émission dans l’atmosphère .


Phase 2 : expansion du projet

Augmentation de la capacité de stockage

En mars 2025, les partenaires du projet ont pris la décision d’investissement finale pour la phase 2 de Northern Lights, visant à augmenter la capacité de stockage à 5 millions de tonnes de CO₂ par an d’ici 2028. Cette expansion sera rendue possible grâce à un financement de 131 millions d’euros accordé par le programme européen Connecting Europe Facility for Energy (CEF Energy) .

Développement des infrastructures

La phase 2 comprendra la construction de nouvelles infrastructures, notamment des réservoirs de stockage supplémentaires, des puits d’injection et des installations de transport. Ces développements permettront d’accueillir une plus grande quantité de CO₂ capturé et d’étendre les services de stockage à davantage de clients industriels européens .


Implications pour l’industrie européenne

Réduction des émissions industrielles

Northern Lights offre aux industries européennes une solution concrète pour réduire leurs émissions de CO₂, notamment dans des secteurs tels que le ciment, la chimie et l’acier, où les options de décarbonation sont limitées. En permettant le stockage du CO₂, le projet contribue à la transition vers une économie à faibles émissions de carbone.

Soutien gouvernemental et financement

Le projet bénéficie d’un soutien substantiel de la part du gouvernement norvégien, qui finance environ 80 % des coûts de la phase 1. Ce soutien est essentiel pour rendre le CSC économiquement viable et encourager la participation des industries à cette initiative .


Perspectives d’avenir

Développement du réseau de transport

À long terme, Northern Lights envisage le développement d’un réseau de pipelines sous-marins pour transporter le CO₂ capturé depuis différents sites industriels à travers l’Europe vers le site de stockage en Norvège. Ce réseau facilitera l’intégration du CSC dans les stratégies de décarbonation des industries européennes .

Rôle dans la politique climatique européenne

Northern Lights représente un modèle pour d’autres projets de CSC en Europe et au-delà. Il démontre la faisabilité technique et économique de la capture et du stockage du CO₂ à grande échelle, offrant ainsi un levier important pour atteindre les objectifs climatiques mondiaux.


Conclusion

L’injection réussie des premiers volumes de CO₂ dans le réservoir Aurora marque une étape décisive dans le développement du projet Northern Lights et dans la mise en œuvre de solutions de capture et de stockage du carbone en Europe. Grâce à la collaboration entre TotalEnergies, Equinor et Shell, et au soutien des autorités norvégiennes et européennes, Northern Lights offre une voie prometteuse pour réduire les émissions industrielles et contribuer à la transition énergétique vers une économie décarbonée.

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