Une décision fracassante aux répercussions internationales
Donald Trump, en pleine campagne présidentielle américaine, a annoncé le retour des droits de douane punitifs envers le Canada. À compter du 1er août 2025, tous les produits importés du Canada ne relevant pas de l’accord USMCA (Canada–États-Unis–Mexique) seront frappés d’une surtaxe de 35 %. Cette mesure marque un retour brutal aux tensions protectionnistes, et ravive les craintes d’une guerre commerciale nord-américaine.
🎯 Les produits visés par Trump
Selon les informations confirmées par plusieurs sources (Washington Post, AP, Bloomberg), la surtaxe viserait principalement :
- Les produits manufacturés (machines, équipements),
- Les automobiles et pièces détachées non couvertes par l’USMCA,
- Les produits agricoles transformés,
- Certains produits d’aluminium et d’acier.
À noter : les énergies, engrais et certaines matières premières essentielles bénéficieraient d’exemptions ou de surtaxes limitées (entre 5 et 10 %).
💬 Les raisons invoquées par Trump
Dans un discours à Pittsburgh, Trump a justifié cette décision par plusieurs arguments :
- Déficit commercial persistant avec le Canada ;
- Menace à la sécurité nationale, en raison du trafic transfrontalier (fentanyl) ;
- Volonté de réindustrialiser les États-Unis à travers une politique économique plus protectionniste ;
- Nécessité de « corriger » un accord USMCA jugé « trop favorable au Canada ».
Cette rhétorique s’inscrit dans une stratégie électorale de séduction de l’électorat ouvrier américain, en particulier dans les États industriels du Midwest.
🇨🇦 Ottawa contre-attaque
La réaction du Premier ministre canadien Mark Carney a été immédiate :
« Ces surtaxes sont économiquement injustifiables et politiquement provocatrices. Le Canada répondra fermement. »
Le gouvernement canadien envisage une riposte tarifaire en deux phases :
- Phase 1 : Surtaxes de 25 % sur une sélection de produits américains (alcool, textiles, électroménager), représentant 30 milliards de dollars d’importations ;
- Phase 2 (si Trump ne recule pas d’ici octobre) : Extension des surtaxes à hauteur de 155 milliards, notamment sur des secteurs sensibles comme l’agriculture ou la chimie.
Certaines provinces, comme le Québec et la Colombie-Britannique, ont déjà ordonné :
- Le retrait de produits américains de certains commerces publics ;
- La suspension de projets de coopération transfrontalière.
📉 Réactions économiques : inquiétude sur les marchés
- Le dollar canadien a perdu près de 1,3 % face au billet vert dans les heures suivant l’annonce.
- Les actions des constructeurs automobiles nord-américains ont reculé à Wall Street.
- Les groupes bancaires et miniers canadiens ont également été touchés.
- Les exportateurs canadiens anticipent une perte de compétitivité immédiate, et certains évoquent déjà des licenciements préventifs.
📊 Quels risques pour le Canada ?
➤ Ralentissement du PIB
Selon les économistes de BMO et Desjardins, si la surtaxe reste en vigueur jusqu’en 2026, le PIB canadien pourrait reculer de 1,5 à 2 %, notamment dans les régions industrielles (Ontario, Alberta).
➤ Hausse des prix
Les biens importés depuis les États-Unis – ou fabriqués avec des composants américains – pourraient augmenter de 5 à 10 %, accentuant les tensions inflationnistes.
➤ Chômage sectoriel
L’industrie automobile, déjà fragile, pourrait subir un ralentissement massif, avec une mise en pause de certaines lignes de production dès septembre.
⚖️ Les options juridiques d’Ottawa
Bien que l’USMCA limite l’imposition unilatérale de droits de douane, l’administration Trump pourrait invoquer des motifs de sécurité nationale pour justifier sa décision – une stratégie déjà utilisée sous son premier mandat avec l’acier et l’aluminium.
Le Canada pourrait :
- Porter plainte devant l’OMC (Organisation mondiale du commerce),
- Activer un mécanisme de résolution des différends prévu dans l’USMCA,
- Engager des discussions bilatérales sous médiation mexicaine.
Mais ces recours sont lents, complexes, et peu dissuasifs à court terme.
🔮 Perspectives à moyen terme
Scénario 1 : désescalade d’ici l’élection présidentielle
Si Trump juge le rapport de force suffisant, il pourrait retirer les surtaxes avant novembre 2025 en échange de concessions canadiennes.
Scénario 2 : escalade commerciale durable
Un durcissement pourrait entraîner un effondrement du commerce bilatéral, l’abandon partiel de l’USMCA, et un réalignement du Canada vers l’Europe et l’Asie.
Scénario 3 : changement d’administration
Si Trump perd l’élection, l’éventuel successeur pourrait annuler ou renégocier la mesure, mais les dégâts économiques à court terme seraient déjà réalisés.
🧭 Conclusion
En relançant une offensive commerciale contre le Canada, Donald Trump mise sur une politique protectionniste qui divise et inquiète. Cette nouvelle surtaxe de 35 % risque d’entraîner une riposte économique sévère, un ralentissement commercial, et une fragilisation des chaînes d’approvisionnement nord-américaines.
Plus largement, ce bras de fer remet en question l’équilibre du libre-échange régional, fruit de décennies de négociations. Le mois d’août s’annonce donc décisif : entre diplomatie, rétorsion et calcul électoral, l’avenir des relations économiques USA–Canada est suspendu à un fil.

















