Windows 10 n’a pas dit son dernier mot : la première mise à jour ESU débarque avec 66 correctifs critiques

Windows 10 devait tirer sa révérence en octobre 2025. Microsoft l’avait annoncé, le support standard devait prendre fin et les utilisateurs étaient incités – fortement – à passer sous Windows 11. Pourtant, la réalité du terrain est toute autre : des centaines de millions de PC tournent encore sous Windows 10 dans le monde, dans les entreprises comme chez les particuliers. Entre machines incompatibles avec Windows 11, préférences personnelles, budgets insuffisants pour renouveler un parc informatique ou peur du changement, l’OS lancé en 2015 reste massivement utilisé.

Face à cette situation, Microsoft a été contraint de prolonger artificiellement sa survie via un programme spécial appelé ESU — Extended Security Updates. Ce programme existait déjà pour Windows 7, et il revient pour prolonger la vie commerciale de Windows 10.
Mais ce mois-ci marque un tournant : la toute première grande mise à jour de sécurité ESU vient d’être publiée, et elle est massive. Pas moins de 66 correctifs de sécurité, dont plusieurs failles critiques et même un zero-day, sont déployés sur les machines éligibles.

Cette mise à jour n’est pas anodine. Elle rappelle surtout une chose : Windows 10 reste vulnérable et nécessite un suivi actif, même après l’arrêt officiel de son support. Dans cet article, nous allons expliquer en profondeur ce que contient cette mise à jour, à qui elle s’adresse, comment en bénéficier et quelles conséquences cela implique pour les particuliers comme pour les entreprises.


1. ESU : pourquoi Windows 10 reçoit encore des mises à jour ?

1.1 Le support standard est fini, mais l’OS ne l’est pas

Le 14 octobre 2025, Microsoft met fin au support standard de Windows 10. Cela signifie :

  • plus de nouvelles fonctionnalités,
  • plus de mises à jour de compatibilité,
  • plus de correctifs de bugs « normaux »,
  • plus de support classique de sécurité.

Cependant, cela ne veut pas dire que l’OS est abandonné. Car une grande partie du monde informatique dépend encore de Windows 10.

1.2 Pourquoi Microsoft prolonge finalement le support ?

Trois raisons principales :

  1. Le parc mondial est massif
    Windows 10 reste installé sur près d’un milliard d’appareils en 2025. Toutes ces machines ne sont pas remplaçables du jour au lendemain.
  2. Windows 11 n’est pas compatible avec tout
    Les exigences TPM 2.0 et CPU récents bloquent une grande partie des utilisateurs.
  3. Les entreprises exigent un délai supplémentaire
    Les migrations nécessitent plusieurs années. Les infrastructures critiques (hôpitaux, transports, administrations) ne peuvent pas basculer instantanément.

Microsoft n’a donc pas d’autre choix que de proposer un programme intermédiaire : les ESU.


2. La première grande mise à jour ESU : que contient-elle vraiment ?

2.1 Un volume impressionnant de correctifs

La mise à jour ESU de novembre est estampillée KB5068781. Elle est disponible uniquement pour les machines inscrites au programme ESU et faisant tourner Windows 10 version 22H2.

Son contenu est dense :

  • 66 correctifs de sécurité
  • dont 5 failles critiques
  • et un zero-day, c’est-à-dire une faille exploitée activement par des pirates avant même la publication du correctif.

Ce seul point justifie l’importance d’appliquer la mise à jour au plus vite.

2.2 Une vulnérabilité zero-day dans le noyau

Parmi les correctifs, le plus préoccupant est une faille dans le kernel de Windows, le cœur du système.
Ce type de faille permet :

  • une élévation de privilèges,
  • un contrôle quasi total du système,
  • voire l’installation discrète de malware persistants.

Un zero-day dans le noyau est considéré comme l’une des pires situations possibles. Il est rare qu’un système d’exploitation soit exposé à ce point. La présence d’un tel correctif dans cette première mise à jour ESU confirme que même Windows 10 — pourtant en fin de vie — reste une cible privilégiée pour les cybercriminels.

2.3 Pourquoi 66 failles ?

Parce que Microsoft ne publiait plus de correctifs pour Windows 10 depuis la fin du support classique (hors failles majeures). Ce « rattrapage » est donc normal, mais montre une réalité inquiétante : Windows 10 accumule rapidement les vulnérabilités dès qu’il cesse d’être mis à jour.

En d’autres termes :
ne pas installer ESU revient à laisser volontairement votre système ouvert aux attaques.


3. Qui peut bénéficier de cette mise à jour ?

3.1 Conditions techniques

Pour installer la mise à jour ESU, il faut absolument être sur :

  • Windows 10 version 22H2
  • éditions : Home, Pro, Pro Education ou Workstations
  • avec les dernières mises à jour pré-ESU déjà installées

Beaucoup d’utilisateurs pensent que les ESU sont réservées aux entreprises — c’était vrai pour Windows 7 — mais pour Windows 10, les particuliers peuvent aussi y accéder dans certaines conditions.

3.2 Comment s’inscrire au programme ESU ?

Il existe trois méthodes principales :

1. Via un compte Microsoft

Les utilisateurs enregistrés peuvent activer ESU directement via Windows Update.

2. Via l’achat d’une licence ESU

Les entreprises ou particuliers peuvent acheter une clé d’activation spécifique.

3. Via Microsoft Rewards

Dans certains pays, Microsoft permet de payer ESU avec des points accumulés.

3.3 Installation via Windows Update

Une fois inscrit, la mise à jour apparaît comme n’importe quel patch de sécurité :

Paramètres → Mise à jour & Sécurité → Windows Update → Vérifier les mises à jour

La mise à jour ESU se télécharge normalement, puis le système redémarre.


4. Qu’est-ce que l’ESU ne couvre pas ?

Ce point est essentiel. L’ESU :

  • ne donne pas accès à de nouvelles fonctionnalités,
  • ne modernise pas Windows 10,
  • n’apporte aucune amélioration visuelle,
  • ne corrige pas les bugs mineurs.

Il s’agit uniquement de patchs de sécurité.

4.1 Pas de nouveautés, pas de Windows 10.23H1, pas d’évolution du design

L’OS restera figé tel qu’il était en octobre 2025. Microsoft ne prévoit pas de refaire ce qui a fait le succès de Windows 10 : des mises à jour fonctionnelles régulières.

4.2 Pas de support technique classique

Seuls les correctifs sont fournis. Le reste du support est minimal.


5. Pourquoi cette mise à jour est si importante pour les utilisateurs ?

5.1 Les cybermenaces évoluent, même si Windows 10 ne bouge plus

Windows 10, même figé, reste une cible :

  • il est massivement utilisé,
  • beaucoup de machines ne disposent pas de protections avancées,
  • les pirates savent que de nombreux utilisateurs ne feront pas la mise à jour ESU.

Ignorer les ESU équivaut à rester volontairement vulnérable.

5.2 Une installation indispensable pour les usages sensibles

Si vous utilisez votre PC pour :

  • vos comptes bancaires,
  • votre travail,
  • vos jeux en ligne,
  • vos réseaux sociaux,
  • vos documents personnels,

alors cette mise à jour n’est pas un luxe : c’est une obligation.


6. Et si je choisis de ne pas installer ESU ? Quels risques ?

Un PC sous Windows 10 sans ESU :

6.1 Devient vulnérable aux nouvelles failles dès leur publication

Chaque mois, de nouvelles failles Microsoft sont révélées. Windows 11 est mis à jour. Windows 10 ESU aussi. Mais Windows 10 non-ESU ne l’est plus.

Cela signifie :

  • davantage de risques de virus,
  • plus de tentatives d’élévation de privilèges,
  • plus de ransomware,
  • plus d’exploit kits spécialisés Windows 10.

6.2 Le risque augmente fortement avec le temps

Les cybercriminels ciblent principalement les systèmes :

  • non mis à jour,
  • encore massivement utilisés,
  • mais sans protection.

Windows 10 non-ESU remplit parfaitement ces critères.

6.3 Les logiciels et navigateurs cesseront progressivement d’être compatibles

Ce fut le cas avec Windows 7, ce sera le cas ici :

  • Chrome cessera d’être compatible,
  • Firefox suivra,
  • les logiciels antivirus réduiront leur support,
  • les jeux fermeront l’accès aux versions non sécurisées.

7. Les implications pour les entreprises : un enjeu majeur

Les organisations sont les principales cibles du programme ESU.

7.1 La conformité réglementaire impose des correctifs

Dans de nombreux secteurs :

  • médical,
  • bancaire,
  • administratif,
  • industriel,

il est illégal d’utiliser un système non mis à jour.
Les ESU permettent d’éviter une non-conformité.

7.2 Les cyberassurances deviennent exigeantes

Les assureurs exigent :

  • que les OS soient à jour,
  • que les correctifs critiques soient appliqués,
  • que les machines non supportées soient remplacées.

Une entreprise qui ignore ESU peut perdre sa couverture en cas d’attaque.

7.3 La migration vers Windows 11 peut prendre plusieurs années

Un parc de 500 postes ne migre pas en un mois. L’ESU sert donc de solution transitoire.


8. Windows 10 vs Windows 11 : pourquoi tant d’utilisateurs ne migrent pas ?

8.1 L’incompatibilité matérielle

Beaucoup de PC sortis entre 2015 et 2019 ne possèdent pas :

  • TPM 2.0,
  • un processeur récent compatible Windows 11.

8.2 Windows 11 n’est pas universellement apprécié

Certains utilisateurs critiquent :

  • son interface centrée,
  • sa dépendance au compte Microsoft,
  • certaines limitations (fichiers, paramètres),
  • un sentiment de perte de contrôle.

8.3 Une question de budget pour les entreprises

Remplacer 100 machines coûte une fortune.
L’ESU coûte… beaucoup moins cher.


9. Qu’est-ce que cette mise à jour change pour l’avenir de Windows 10 ?

9.1 Windows 10 va continuer à recevoir des correctifs… mais uniquement via ESU

Cette première mise à jour ESU annonce le début d’un cycle :

  • chaque mois, une nouvelle vague de correctifs sera publiée,
  • les failles critiques seront corrigées,
  • l’OS restera viable quelques années.

9.2 Microsoft mise sur l’obsolescence progressive

L’objectif n’est pas de maintenir Windows 10 éternellement.
Microsoft veut laisser du temps pour migrer, rien de plus.

9.3 Les ESU marquent le début de la transition vers Windows 11 (ou vers autre chose)

Les utilisateurs devront choisir :

  • continuer sous Windows 10 ESU pendant encore quelques années,
  • migrer vers Windows 11 quand possible,
  • basculer vers Linux pour éviter les contraintes matérielles.

10. Comment installer la mise à jour KB5068781 ? Guide express

  1. Ouvrez Paramètres.
  2. Cliquez sur Mise à jour & Sécurité.
  3. Cliquez sur Windows Update.
  4. Sélectionnez Vérifier les mises à jour.
  5. Si vous êtes inscrit au programme ESU, la mise à jour apparaît.
  6. Installez-la et redémarrez votre ordinateur.

Si elle n’apparaît pas :

  • vérifiez que vous êtes en version 22H2,
  • vérifiez que toutes les anciennes mises à jour sont installées,
  • vérifiez que votre activation ESU est effective.

Conclusion : une mise à jour essentielle pour un OS toujours vivant

Cette première grande mise à jour ESU prouve que Windows 10 n’a pas disparu malgré la fin de son support standard. Avec 66 correctifs, dont des failles critiques et un zero-day, elle montre aussi l’importance de garder son système à jour.

Pour les particuliers, c’est une mesure de sécurité indispensable.
Pour les entreprises, c’est une obligation stratégique.
Pour Microsoft, c’est un compromis entre sécurité et transition vers Windows 11.

Mais pour tout le monde, le message est clair :
Windows 10 reste utilisable, mais seulement si vous continuez à le sécuriser.

Les ESU ne sont pas une option. Elles sont la seule manière de garder Windows 10 protégé en 2025, 2026 et au-delà.

carle
carle