En 2024, Be tv, la chaîne de télévision payante belge appartenant au groupe Orange via sa filiale VOO, traverse une période délicate. En effet, le groupe a enregistré une perte nette de 561 000 euros sur l’année, accompagnée d’une baisse significative de son nombre d’abonnés. Cette situation inquiète Orange, qui dénonce un facteur majeur responsable de cette érosion : la montée en puissance de l’IPTV illégale en Belgique.
Un contexte économique et concurrentiel tendu
Malgré un partenariat stratégique conclu avec HBO Max, qui aurait dû dynamiser son offre de contenus, Be tv ne parvient pas à inverser la tendance. La concurrence féroce du marché des contenus audiovisuels, combinée à une évolution rapide des usages, place la chaîne dans une position fragile. À cela s’ajoute la montée spectaculaire de l’IPTV illégale, qui offre aux consommateurs l’accès à une vaste bibliothèque de chaînes payantes, films récents, événements sportifs en direct, le tout à des prix très attractifs, souvent dérisoires comparés aux abonnements légaux.
Selon les enquêtes menées en Belgique, près de 13 % des foyers (soit environ 658 000 ménages) recourent aujourd’hui à des services IPTV illégaux. Ce phénomène représente un véritable défi pour les opérateurs légaux comme Be tv, qui voient leur clientèle se réduire au profit de ces solutions non autorisées.
L’impact de l’IPTV illégale sur Be tv et le marché belge
Le piratage via IPTV ne concerne pas uniquement Be tv. D’autres acteurs du marché, tels que Proximus, ont également constaté une baisse de leurs abonnés TV, estimée à plusieurs milliers pour le premier trimestre 2024. La nature même de l’IPTV, qui contourne les circuits classiques de diffusion, crée une concurrence déloyale et met en péril les modèles économiques traditionnels.
Ce piratage massif engendre plusieurs conséquences. Tout d’abord, une perte de revenus directe liée au manque à gagner sur les abonnements. Ensuite, une pression accrue sur les investissements dans les contenus originaux, puisque les ressources financières se réduisent. Enfin, un risque de réputation lié à la difficulté de protéger la propriété intellectuelle dans un environnement numérique mondialisé.
Les mesures prises par Orange et les autorités belges
Consciente de la gravité de la situation, Orange a multiplié les actions pour lutter contre l’IPTV illégale. En collaboration avec le SPF Économie et d’autres fournisseurs d’accès à internet, une vaste opération de blocage de sites et services illégaux a été mise en œuvre début 2025. Cette initiative a permis la fermeture d’une centaine de plateformes et la suspension temporaire de nombreux services IPTV.
Par ailleurs, Orange milite pour un renforcement du cadre juridique afin de faciliter la traque et la sanction des revendeurs illégaux, qui exploitent souvent des réseaux fermés via WhatsApp, Telegram ou d’autres canaux non accessibles au grand public.
Cependant, malgré ces efforts, le phénomène reste difficile à endiguer, notamment à cause de la nature décentralisée et souvent internationale des opérateurs illégaux, ainsi que des limites techniques et légales actuelles.
Les risques encourus par les consommateurs d’IPTV illégale
Si l’IPTV illégale séduit par ses tarifs attractifs, elle expose également ses utilisateurs à des risques non négligeables. Parmi eux, on trouve :
- Le risque de fraude ou d’escroquerie : certains fournisseurs illégaux disparaissent du jour au lendemain en emportant les paiements.
- La vulnérabilité face au vol de données personnelles et à la compromission des équipements.
- Le risque juridique, car en Belgique comme ailleurs, la consommation de contenus piratés peut être sanctionnée.
Orange et les autorités belges insistent ainsi sur la nécessité pour les consommateurs de privilégier les offres légales, qui garantissent qualité, sécurité et respect des droits d’auteur.
Perspectives pour Be tv
Pour Be tv, l’enjeu est désormais de reconquérir la confiance et la fidélité de ses abonnés. Cela passera par une offre enrichie, attractive et compétitive, mais aussi par une communication renforcée sur les risques liés au piratage. Le développement de partenariats stratégiques, comme celui avec HBO Max, doit permettre de proposer des contenus premium exclusifs.
Enfin, la lutte contre l’IPTV illégale nécessitera une coopération plus forte entre les opérateurs, les autorités et les législateurs afin d’adapter la réglementation et de disposer des outils nécessaires à une action efficace.
Conclusion
La perte de 561 000 € et la fuite de milliers d’abonnés en 2024 constituent un signal d’alarme pour Be tv. L’IPTV illégale, devenue un fléau pour les acteurs légaux, bouleverse les équilibres du marché audiovisuel en Belgique. Le combat d’Orange et des autorités est crucial pour préserver la pérennité des offres légales, garantir la qualité des contenus, et protéger les droits des créateurs. Les mois à venir seront décisifs pour inverser cette tendance et redonner à Be tv une dynamique positive.

















