Coup de tonnerre dans le monde de la santé innovante : Carmat, le fabricant français de cœurs artificiels, vient d’être lâché par Bpifrance, son principal soutien institutionnel et actionnaire historique. La banque publique d’investissement, souvent présentée comme le bras armé de l’État pour soutenir les startups stratégiques, a choisi de ne pas participer à la nouvelle levée de fonds de l’entreprise. Un désengagement lourd de conséquences.
🏥 Carmat : une promesse de révolution médicale
Créée en 2008, Carmat s’est donné pour mission de concevoir un cœur artificiel entièrement implantable, capable de prolonger la vie des patients atteints d’insuffisance cardiaque terminale. Fruit d’un partenariat entre le chirurgien Alain Carpentier et le groupe Airbus, le projet a suscité beaucoup d’espoirs et d’investissements, tant publics que privés.
Mais malgré des avancées technologiques notables, Carmat n’a pas encore réussi à transformer ses essais cliniques en succès industriel et commercial massif.
💸 Bpifrance jette l’éponge
Alors que Carmat lançait en 2025 une nouvelle levée de fonds pour assurer sa survie, Bpifrance a annoncé qu’elle n’y prendrait pas part. La banque publique détenait encore environ 5 % du capital, mais a choisi de ne plus remettre au pot.
« Nous avons soutenu Carmat pendant des années, mais nous estimons aujourd’hui que les conditions de viabilité économique ne sont pas réunies », a déclaré une source proche du dossier.
Un signal extrêmement négatif envoyé aux marchés et aux autres investisseurs, d’autant plus que Carmat est en situation de forte tension financière, avec une consommation de cash élevée et des revenus encore faibles.
📉 Une entreprise en quête de souffle
La société a connu de nombreuses difficultés depuis ses débuts :
- Retards répétés dans les essais cliniques.
- Problèmes de fiabilité sur certains composants.
- Suspension temporaire de l’implantation de son cœur en Europe en 2022 pour raisons techniques.
- Un marché encore limité, très encadré par les régulateurs.
Malgré tout, Carmat a réussi à implanter plusieurs dizaines de cœurs artificiels, principalement en Europe, avec des résultats cliniques prometteurs dans certains cas. Mais la rentabilité reste hors de portée à court terme.
🧬 Un désengagement qui interroge
Le retrait de Bpifrance pose une double question stratégique :
- Quel avenir pour Carmat sans soutien public ?
La société peut-elle encore attirer des capitaux privés alors que l’État recule ? - Quel signal pour la souveraineté industrielle en santé ?
Dans un contexte où la France affirme vouloir renforcer ses champions de la biotech et des technologies médicales, ce lâchage est un contre-exemple frappant.
Plusieurs spécialistes du secteur estiment qu’un soutien prolongé aurait pu permettre à Carmat de franchir un seuil critique, au moment où l’industrie mondiale des medtechs redémarre après la crise du Covid.
🧭 Et maintenant ?
Carmat doit impérativement trouver de nouveaux financements pour tenir jusqu’à la mise sur le marché à grande échelle de son produit. En parallèle, l’entreprise cherche à nouer des partenariats avec des groupes internationaux ou à se positionner sur des marchés extra-européens.
Mais sans l’ombre tutélaire de Bpifrance, le combat s’annonce bien plus rude, avec un risque croissant de déclin — voire de disparition — de l’un des projets les plus emblématiques de la French Tech médicale.

















