Le groupe français de grande distribution Carrefour a officiellement annoncé son retrait du marché italien en juillet 2025, en cédant la totalité de ses 1 188 magasins à l’entreprise Newlat Food, via sa filiale NewPrinces, pour une valeur d’entreprise de 700 millions d’euros. Cette opération marque la fin de plus de 30 ans de présence du géant français en Italie et s’inscrit dans une stratégie globale de recentrage géographique et de recherche de rentabilité.
📉 Une activité déficitaire depuis des années
Malgré sa position de poids lourd en Europe, Carrefour ne parvenait pas à redresser ses performances en Italie. Présent depuis 1993, le groupe n’a jamais réussi à imposer un modèle rentable sur un marché extrêmement concurrentiel, dominé par des acteurs locaux agiles tels que Coop Italia, Esselunga ou Conad.
En 2023, Carrefour avait déjà fermé 106 magasins déficitaires dans le pays. Les résultats opérationnels en Italie pesaient lourdement sur les comptes du groupe, avec une rentabilité quasi nulle et des coûts d’exploitation élevés. Le départ du marché italien apparaît donc comme une décision stratégique visant à réallouer les ressources vers des zones plus dynamiques et mieux maîtrisées, comme la France, le Brésil et l’Espagne.
🏢 Qui est Newlat Food, le repreneur ?
Le groupe Newlat Food, coté à la Bourse de Milan, est un acteur italien spécialisé dans les produits agroalimentaires, connu notamment pour les marques Delverde, Pezzullo, Buitoni ou encore Granarolo. La société a récemment créé la filiale NewPrinces, qui servira de véhicule pour reprendre les actifs de Carrefour Italie.
Avec cette acquisition, Newlat ambitionne de devenir un acteur majeur de la distribution dans la péninsule, en consolidant ses activités dans le retail alimentaire. Le PDG de Newlat, Angelo Mastrolia, a indiqué que cette opération représente une étape historique vers la construction d’un géant italien de l’agroalimentaire intégré verticalement, du champ à l’assiette.
🤝 Détails de la transaction
- Montant de l’opération : 700 millions d’euros (valeur d’entreprise)
- Nombre de points de vente transférés : 1 188 (incluant hypermarchés, supermarchés, enseignes franchisées)
- Effectifs concernés : environ 15 000 salariés italiens
- Finalisation prévue : d’ici fin 2025, sous réserve de l’aval des autorités italiennes de la concurrence
Carrefour conservera une participation minoritaire de 20 % dans la nouvelle entité italienne, sans pouvoir de décision opérationnel. Cette clause permet au groupe de garder un pied sur le marché tout en limitant son exposition financière.
🧭 Une stratégie européenne de recentrage
Cette cession s’inscrit dans la volonté de Carrefour de se désengager des marchés peu rentables. Après avoir quitté la Chine, la Belgique (progressivement), et le marché taïwanais, l’Italie est désormais le dernier en date à faire les frais de cette stratégie.
L’objectif affiché par le PDG Alexandre Bompard est clair : renforcer la compétitivité dans les zones où Carrefour est leader ou fortement implanté. L’Italie ne répondait plus à ces critères, malgré un chiffre d’affaires de plus de 4 milliards d’euros en 2024.
🇫🇷 Carrefour se recentre sur ses forces
En France, Carrefour reste le n°2 de la grande distribution, derrière E.Leclerc, et cherche à défendre ses parts de marché face aux discounters comme Lidl et Aldi. Le groupe mise notamment sur :
- Le développement de ses formats de proximité (Carrefour City, Express)
- La montée en puissance du e-commerce alimentaire
- La stratégie “Act for Food” mettant l’accent sur la qualité et la traçabilité
En parallèle, Carrefour accélère son déploiement international au Brésil (via l’intégration d’Atacadão), en Argentine, et dans d’autres pays d’Amérique latine où la croissance est plus soutenue.
🔍 Que retenir de cette cession ?
- Carrefour acte l’échec de son implantation en Italie.
- Newlat Food entre avec fracas dans la distribution alimentaire avec des ambitions nationales.
- Ce désengagement marque une nouvelle étape dans le réalignement stratégique du groupe français.
- Les 15 000 salariés italiens de Carrefour devraient conserver leur emploi, selon les premières déclarations de NewPrinces.
Conclusion :
Le retrait de Carrefour d’Italie illustre une tendance croissante dans la grande distribution européenne : celle de la rationalisation géographique. Les géants du secteur se concentrent désormais sur leurs marchés historiques et sur ceux à plus fort potentiel de croissance. Pour Carrefour, cette sortie est peut-être douloureuse sur le plan symbolique, mais s’inscrit dans une logique financière rigoureuse face à des enjeux mondiaux plus vastes.

















