À Vannes, les professionnels de la cigarette électronique s’organisent pour faire entendre leur voix. Derrière cette mobilisation se cache bien plus qu’une simple question commerciale : c’est toute une filière, un modèle économique et un outil de santé publique qui sont concernés. Alors que le projet de loi de finances pour 2026 pourrait modifier profondément le cadre réglementaire des produits de vapotage, les acteurs locaux s’inquiètent des conséquences pour leurs boutiques, leurs clients et leurs salariés.
La vape à Vannes : un secteur en pleine expansion
Vannes, comme d’autres villes françaises, compte plusieurs boutiques spécialisées en cigarette électronique. Ces commerces ne se contentent pas de vendre des produits : ils conseillent, accompagnent, et jouent un rôle dans le sevrage tabagique. Parmi eux, des enseignes comme CIGUSTO Vannes offrent aux vapoteurs, qu’ils soient débutants ou expérimentés, des produits adaptés et un suivi personnalisé.
Le succès de ces boutiques témoigne d’une demande forte : de plus en plus de fumeurs cherchent des alternatives moins nocives au tabac, et la cigarette électronique apparaît comme un outil efficace de réduction des risques. La filière vape, à Vannes comme ailleurs, est donc à la croisée de l’économie locale et de la santé publique. Les professionnels locaux ont développé un savoir-faire et une expertise qui font vivre la ville et ses environs, en créant des emplois directs et indirects.
La fédération nationale FIVAPE, qui représente plusieurs centaines d’acteurs du secteur, souligne que la vape a permis de diversifier l’économie et de soutenir des commerces de proximité. La ville de Vannes, avec sa population jeune et active, bénéficie d’un réseau dynamique de boutiques spécialisées, ce qui en fait un territoire sensible aux changements réglementaires.
L’alerte des professionnels : l’article 23 du projet de loi de finances
Le cœur de la mobilisation est l’article 23 du projet de loi de finances pour 2026. Ce texte prévoit plusieurs mesures qui inquiètent fortement les professionnels de la vape :
- La taxation accrue des produits de vapotage, qui pourrait rendre la vape moins accessible financièrement pour les consommateurs ;
- L’interdiction de la vente en ligne, qui constituerait un coup dur pour de nombreuses boutiques générant une part significative de leur chiffre d’affaires par Internet ;
- La modification du statut juridique des boutiques spécialisées, qui les rapprocherait des bureaux de tabac et augmenterait considérablement la charge administrative.
Pour les professionnels, ces mesures représentent une véritable menace. Si elles sont appliquées telles quelles, elles pourraient entraîner la fermeture de plusieurs commerces, la perte d’emplois et un retour potentiel des consommateurs vers le tabac traditionnel.
Les responsables locaux alertent : « Tout cela a été décidé sans consultation préalable de la filière », dénonçant un manque de dialogue entre le gouvernement et les acteurs économiques. Cette absence de concertation accentue la colère et la peur parmi les professionnels, qui se sentent laissés pour compte alors qu’ils représentent un maillon essentiel de la santé publique locale.
Pourquoi la vape est cruciale pour la santé publique
Au-delà de l’économie, la cigarette électronique joue un rôle important dans le sevrage tabagique. Les études montrent que les fumeurs qui passent à la vape ont plus de chances de réduire leur consommation de tabac ou d’arrêter complètement.
Les professionnels de Vannes mettent en avant leur rôle éducatif et préventif. Chaque boutique offre des conseils personnalisés, aide à choisir les produits adaptés et accompagne les clients dans leur démarche pour arrêter de fumer.
Limiter l’accès à la vape, par des taxes élevées ou la suppression des ventes en ligne, pourrait avoir des effets contraires à ceux recherchés par la santé publique. Les fumeurs moins informés ou moins mobiles risqueraient de revenir à des cigarettes traditionnelles, plus nocives.
Ainsi, la mobilisation à Vannes est autant économique que sanitaire : les acteurs de la vape veulent protéger leur activité, mais aussi préserver un outil reconnu dans la lutte contre le tabagisme.
Les enjeux économiques locaux
Les boutiques spécialisées de Vannes représentent un tissu économique fragile mais essentiel. Selon les estimations de la fédération, plusieurs milliers d’emplois directs et indirects dépendent de la filière vape dans la région. La vente en ligne constitue une part importante du chiffre d’affaires pour certaines boutiques, jusqu’à 30 % selon les cas.
La mise en place de l’article 23 pourrait entraîner :
- La fermeture de commerces indépendants incapables de supporter le nouveau cadre fiscal et réglementaire ;
- Une concentration du marché entre les mains des grandes enseignes, au détriment des petits commerces locaux ;
- Une baisse des conseils personnalisés et de l’accompagnement vers le sevrage, car les boutiques survivantes se concentreraient sur la vente de masse.
Pour les professionnels, ces conséquences sont préoccupantes : « Si nous perdons la possibilité de vendre en ligne et de garder notre statut actuel, beaucoup de petites structures disparaîtront. Cela aura un impact direct sur les emplois locaux et sur l’accès des vapoteurs à des conseils fiables. »
La mobilisation à Vannes
Face à cette situation, les professionnels ont décidé de passer à l’action. Une manifestation est prévue place Quai Éric Tabarly, à Vannes, le 5 novembre 2025. L’objectif est de sensibiliser le public et les autorités sur les risques que représente l’article 23 pour la filière et pour les consommateurs.
Cette mobilisation locale s’inscrit dans un mouvement national. Partout en France, les professionnels de la vape dénoncent les mesures du projet de loi et réclament une approche plus équilibrée, prenant en compte à la fois la santé publique et la viabilité économique de la filière.
Les messages affichés par les manifestants sont clairs :
- Ne pas assimiler la vape au tabac classique ;
- Préserver l’accès à la vape pour les personnes en démarche de sevrage ;
- Soutenir les commerces locaux et protéger l’emploi dans la filière.
Les organisateurs espèrent que cette manifestation attirera l’attention des médias et des décideurs politiques, afin de favoriser un dialogue plus constructif.
Les arguments des professionnels
1. Santé publique
La vape est un outil de réduction des risques, efficace pour aider les fumeurs à diminuer leur consommation de tabac. Les professionnels craignent que des mesures trop restrictives poussent certains consommateurs vers des produits plus nocifs.
2. Économie locale
Les boutiques spécialisées, notamment les indépendants, constituent une part importante de l’économie locale. L’article 23 menace directement leur survie. Les emplois, les recettes fiscales locales et l’animation du tissu commercial seraient affectés.
3. Réglementation et concertation
Le manque de dialogue avec les autorités est pointé du doigt. Les professionnels estiment que la loi devrait prendre en compte leur expertise et leur rôle dans la santé publique, plutôt que d’imposer des règles uniformes sans consultation.
Les risques encourus si l’article 23 est adopté
- Augmentation des prix : la taxation accrue pourrait rendre la vape moins accessible et inciter au retour au tabac.
- Fermeture de commerces : les boutiques incapables de supporter la réglementation risquent de disparaître.
- Fragilisation de l’offre encadrée : les conseils personnalisés et l’accompagnement vers le sevrage pourraient diminuer.
- Impact sur la santé publique : limiter la vape pourrait avoir l’effet inverse à celui recherché par les autorités sanitaires.
Les nuances du débat
Il est important de noter que la vape n’est pas totalement hors cadre réglementaire :
- Les produits sont soumis à des normes strictes, notamment sur la nicotine et la composition des e-liquides ;
- La vente aux mineurs est interdite ;
- Les pouvoirs publics surveillent les pratiques illégales et les produits non conformes.
Le débat actuel porte donc sur l’équilibre entre protection des consommateurs, liberté économique et santé publique.
Conclusion : un signal fort pour la France entière
La mobilisation des professionnels de la vape à Vannes dépasse le cadre local. Elle illustre un défi national : comment encadrer une filière en plein essor sans mettre en péril les commerces et sans compromettre un outil reconnu pour le sevrage tabagique ?
Les acteurs locaux montrent qu’ils sont prêts à défendre leur activité, mais aussi à rappeler que la vape est un élément essentiel de la santé publique moderne. La manifestation du 5 novembre sera un moment clé pour alerter le public et faire pression sur les décideurs politiques.
À Vannes, ce n’est pas seulement une question de commerce : c’est un combat pour préserver un équilibre fragile entre économie, santé et liberté de choix.

















