Depuis début juillet, la tension est à son comble chez Samvaz SA, une entreprise historique de Châtel-Saint-Denis spécialisée dans la fabrication d’éléments en bois et en métal. Une partie du personnel a entamé une grève illimitée après l’annonce de la fermeture du département bois et l’échec des négociations autour d’un plan social jugé insuffisant. Dans une tentative de sortir de l’impasse, les grévistes, accompagnés par le syndicat Unia, demandent désormais l’intervention active du canton de Fribourg.
🔧 Une fermeture brutale du site bois
En février 2025, la direction de Samvaz annonce sa décision de fermer l’activité bois, invoquant des pertes financières et une compétitivité devenue intenable. Cette mesure concerne directement 33 employés, qui seront licenciés d’ici la fin juillet si aucun compromis n’est trouvé.
Pour les salariés, le choc est d’autant plus brutal que l’entreprise, fondée en 1963, jouit d’une solide réputation dans la région et que certains collaborateurs y travaillent depuis plus de 20 ans. La perte d’un emploi, dans un canton où les perspectives dans ce secteur sont limitées, est vécue comme une forme d’injustice sociale.
✊ Une grève pour un plan social digne
La grève illimitée, déclenchée le 11 juillet, est soutenue par la majorité des employés du secteur bois. Selon les grévistes, l’offre de la direction est « méprisante » : deux mois de salaire et 500 francs suisses par année d’ancienneté, sans prise en compte de la situation familiale ou de l’âge.
Parmi les revendications :
- Un plan social amélioré, basé sur l’ancienneté, les charges familiales et l’âge des employés.
- Le paiement des arriérés de salaires et des heures supplémentaires, que certains dénoncent comme non versés depuis plusieurs mois.
- Une reprise partielle des employés dans d’autres secteurs de l’entreprise, comme le département métal, quand cela est possible.
🏛️ Le canton de Fribourg interpellé
Face au blocage des discussions, les grévistes et le syndicat Unia sollicitent désormais une médiation officielle du canton de Fribourg. Le but est d’obtenir un cadre de négociation neutre pour sortir de l’impasse.
Le canton a proposé ses « bons offices », mais les employés réclament une implication politique plus forte. Plusieurs élus cantonaux se sont déjà montrés sensibles à la situation et pourraient intervenir publiquement dans les jours à venir. Les salariés espèrent que cette pression politique suffira à faire évoluer la position de la direction.
🔍 Une situation emblématique des limites sociales
Ce conflit dépasse les murs de Samvaz. Il met en lumière :
- Les lacunes du droit suisse du travail, qui n’oblige pas les employeurs à proposer un plan social conséquent.
- Le manque de protection des salariés expérimentés, souvent âgés, peu mobiles, et dont la reconversion est difficile.
- Une forme d’impunité ressentie par les travailleurs face à des décisions stratégiques qu’ils subissent sans consultation réelle.
🧮 Samvaz se défend
De son côté, la direction de Samvaz affirme avoir respecté toutes ses obligations légales et avoir proposé « un plan social cohérent avec ses capacités financières ». Elle rappelle également que la décision de fermer le secteur bois résulte de pertes structurelles, et non d’une volonté de se débarrasser des employés.
La direction a aussi indiqué que cinq salariés avaient déjà été reclassés en interne, et que des efforts avaient été faits pour proposer des alternatives d’emploi ou de formation.
📊 En résumé
| Élément | Détail |
|---|---|
| Entreprise concernée | Samvaz SA, Châtel-Saint-Denis |
| Secteur visé | Bois – 33 employés concernés |
| Action en cours | Grève illimitée depuis le 11 juillet |
| Revendiquer | Plan social renforcé, paiement de salaires dus, médiation cantonale |
| Réponse de la direction | Fermeture justifiée par des pertes, plan social proposé conforme à la loi |
| Rôle du canton | Bons offices proposés, pression politique en cours |
🔚 Conclusion
Le conflit chez Samvaz est devenu un symbole local d’un malaise plus large : celui d’une économie qui évolue sans toujours offrir les garde-fous sociaux nécessaires à ceux qu’elle laisse sur le bord du chemin. Les salariés grévistes, déterminés et organisés, espèrent que l’intervention du canton débouchera sur un accord plus humain. Dans le cas contraire, c’est un pan entier du tissu industriel fribourgeois qui pourrait s’effriter dans l’indifférence.

















