Départs en série et licenciements chez Proximus Global : une gouvernance en pleine tourmente

Depuis le début de l’année 2025, Proximus traverse une période de fortes turbulences, marquée par une série de départs à la tête de l’entreprise et par l’annonce d’un vaste plan de restructuration. La branche internationale Proximus Global, qui regroupe notamment BICS, Telesign et Route Mobile, se retrouve au cœur de ces bouleversements alors que ses performances financières ont été jugées décevantes.

Une hémorragie de dirigeants à la tête du groupe

En février 2025, Guillaume Boutin, CEO de Proximus Group et Proximus Global, a annoncé son départ pour rejoindre le groupe Vodafone. Il quittera officiellement ses fonctions à la mi-mai 2025. Pour assurer la transition, le conseil d’administration a nommé, à partir du 17 avril 2025, Jan Van Acoleyen (Group & Global Human Capital Lead) comme CEO intérimaire de Proximus Group et Mark Reid, directeur financier du Groupe, comme CEO intérimaire de Proximus Global, en collaboration avec Rajdip Gupta.

Le 17 juin 2025, le groupe a finalement annoncé la nomination de Stijn Bijnens comme nouveau CEO de Proximus Group, qui prendra ses fonctions le 1er septembre 2025. En revanche, le poste de CEO permanent de Proximus Global reste à ce jour vacant, la direction cherchant encore le profil adéquat pour redresser la division internationale.

Des résultats décevants et une gouvernance fragilisée

La situation s’est aggravée après la publication de résultats en dessous des attentes pour la branche internationale. Cette contre-performance a conduit à la mise à l’écart de Surash Patel, alors directeur international de Proximus Global, remplacé provisoirement par Ben Vandermeulen (Chief Revenue Officer) et Jorn Vercamert (Chief Product Officer chargé de BICS). Ces départs illustrent la pression exercée par les actionnaires et le conseil d’administration pour redresser rapidement les activités internationales de Proximus.

Un plan social massif contesté par les syndicats

En parallèle de ces bouleversements à la tête du groupe, Proximus a annoncé un plan de restructuration prévoyant jusqu’à 1 900 suppressions de postes et 1 250 nouvelles embauches. Cette annonce a suscité une vive opposition syndicale, ces derniers réclamant la démission immédiate de la direction, notamment de Dominique Leroy, alors encore impliquée dans la gouvernance.

Les syndicats dénoncent un plan jugé brutal, craignant des « licenciements secs ». Face à cette contestation, la direction a affirmé examiner avec sérieux les propositions alternatives visant à préserver l’emploi tout en maintenant la compétitivité du groupe.

Une transition stratégique cruciale

La succession de Guillaume Boutin, la nomination d’un nouveau CEO pour Proximus Global et la finalisation du plan de restructuration seront déterminantes pour l’avenir du groupe. Dans un secteur des télécoms en pleine mutation, marqué par la concurrence accrue et les investissements massifs dans la 5G et les services numériques, Proximus doit impérativement restaurer la confiance des investisseurs, des salariés et des clients.

Le second semestre 2025 apparaît ainsi comme une période charnière : l’entreprise devra non seulement gérer l’arrivée de Stijn Bijnens, mais aussi finaliser sa stratégie internationale tout en préservant la stabilité sociale en Belgique et à l’étranger.

carle
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