La polémique enfle en Belgique autour du dividende de 6,2 milliards d’euros qu’Electrabel, filiale belge du groupe français Engie, prévoit de verser à sa maison-mère. Alors que plusieurs partis réclamaient que la Chambre auditionne directement Electrabel, c’est finalement la CREG (Commission de Régulation de l’Électricité et du Gaz) qui sera entendue ce mardi 9 juillet. Un choix qui alimente déjà les critiques sur un manque de transparence.
6,2 milliards d’euros en question
Le cœur de la controverse repose sur une opération financière d’ampleur exceptionnelle : Electrabel prévoit de distribuer un dividende de 6,2 milliards d’euros à Engie, dans le cadre d’une réorganisation de ses actifs en Belgique.
Ce montant provient notamment :
- De réserves accumulées au fil des années,
- Des bénéfices issus de l’exploitation du parc nucléaire belge,
- D’une opération de remontée de cash avant la création de Nuclear NewCo, une nouvelle entité destinée à regrouper les activités nucléaires.
🏛️ Une audition controversée
Face à l’ampleur du montant, plusieurs partis politiques belges, dont Ecolo, le PS et le PTB, ont demandé que les dirigeants d’Electrabel soient auditionnés à la Chambre pour justifier cette décision. Mais c’est finalement la CREG, le régulateur énergétique, qui répondra aux questions des députés.
Ce choix est critiqué par une partie de l’opposition, qui y voit une tentative d’éviter un débat frontal avec Engie et sa filiale :
« Ce n’est pas à la CREG de justifier des choix purement commerciaux faits par Electrabel. Nous voulons des comptes clairs. » — Un député PS
⚖️ Une opération légale, mais politiquement sensible
Sur le plan juridique, rien n’interdit à Electrabel de verser ce dividende. Mais le calendrier et l’ampleur du versement posent question, notamment en lien avec :
- La prolongation des réacteurs nucléaires décidée dans le cadre de la transition énergétique,
- Le partage des coûts liés au démantèlement des centrales et à la gestion des déchets,
- Les négociations toujours en cours entre Engie et l’État belge sur le financement de Nuclear NewCo.
💬 Ce que pourrait dire la CREG
La Commission de régulation ne pourra pas se prononcer sur le bien-fondé du dividende, mais elle pourra :
- Donner son avis sur l’impact éventuel de cette opération sur les prix de l’électricité,
- Évaluer si des pratiques tarifaires anormales ont pu alimenter les bénéfices distribués,
- Confirmer si l’opération reste conforme aux obligations réglementaires d’Electrabel.
Une affaire emblématique des tensions État-Engie
Cette affaire illustre les rapports de force complexes entre l’État belge et le groupe Engie, engagé dans un bras de fer sur la prolongation du nucléaire. Le gouvernement belge espérait une répartition équitable des coûts, mais le versement d’un tel dividende alimente la suspicion de captation de valeur par le groupe français.
En résumé
- Electrabel prévoit un dividende record de 6,2 milliards d’euros au profit d’Engie.
- La Chambre auditionnera la CREG plutôt que la direction d’Electrabel.
- L’opération est légale mais soulève de vives critiques politiques.
- Les enjeux autour du nucléaire belge rendent cette décision encore plus sensible.

















