Société Générale recule sur le télétravail : incompréhension et colère chez les salariés

En ce mois de juin 2025, la Société Générale crée la polémique en annonçant un recul sur ses engagements en matière de télétravail, au grand dam d’une partie de ses 50 000 salariés en France. L’accord signé en 2021, à l’issue de la pandémie de Covid-19, prévoyait jusqu’à 3 jours de télétravail par semaine. Désormais, la direction veut limiter cette pratique à 1 voire 2 jours, selon les fonctions. Une décision qui passe mal dans un contexte de restructuration, d’économies internes et de défiance sociale croissante.


Une politique de télétravail longtemps valorisée

En 2021, alors que la France sortait de la crise sanitaire, la Société Générale faisait figure de modèle dans le secteur bancaire, avec un accord ambitieux sur le télétravail. Celui-ci autorisait jusqu’à 3 jours de travail à distance par semaine, sur la base du volontariat, et avait été salué par les syndicats comme un acquis majeur pour le bien-être des salariés.

L’accord permettait aussi aux équipes de mieux gérer la vie professionnelle et personnelle, tout en participant à la réduction des coûts immobiliers pour la banque. Cette nouvelle organisation avait été présentée comme un levier de modernisation et d’attractivité RH.


Un virage brutal décidé par la direction

Mais en juin 2025, la direction générale a annoncé qu’elle souhaitait revenir sur ces engagements, invoquant un besoin de renforcer la cohésion des équipes, d’améliorer la productivité et de favoriser l’innovation par la présence physique.

Concrètement, le nouveau cadre interne vise :

  • 1 jour fixe de télétravail par semaine pour les fonctions commerciales ;
  • 2 jours maximum pour les fonctions support (informatique, finance, juridique…) ;
  • et aucun télétravail pour les fonctions dites « sensibles » ou « à fort besoin de coordination ».

La mesure devrait être appliquée progressivement à partir de septembre 2025, avec une révision complète des accords d’entreprise.


Une décision incomprise et contestée

Les syndicats de la banque, notamment la CFDT, la CGT et le SNB, dénoncent une décision unilatérale, prise sans réelle concertation avec les représentants du personnel. Selon eux, la direction rompt un contrat de confiance établi après la pandémie, et ne tient pas compte des bons résultats obtenus avec le télétravail.

Un représentant syndical de la CFDT déclare :

« Cette décision va à contre-courant des attentes des salariés et de la tendance générale dans le secteur. C’est une décision rétrograde qui risque de nuire à la motivation et à la fidélité des équipes. »


Les salariés partagés entre frustration et résignation

De nombreux salariés, interrogés en interne ou sur les réseaux sociaux professionnels, expriment leur déception voire leur colère face à ce revirement. Beaucoup évoquent un sentiment de recul social et s’interrogent sur la cohérence stratégique de la banque.

Certains employés soulignent que les engagements environnementaux (moins de déplacements, optimisation des espaces) sont aussi contredits par cette mesure. D’autres, plus pragmatiques, évoquent une perte de qualité de vie, surtout dans les grandes métropoles où les temps de transport sont particulièrement élevés.


Une décision isolée dans le secteur bancaire ?

Alors que BNP Paribas, Crédit Agricole et BPCE maintiennent des dispositifs souples de télétravail, Société Générale fait figure d’exception dans la tendance actuelle du secteur. La plupart des grands groupes bancaires ont fait le choix de conserver 2 à 3 jours télétravaillables, dans une logique d’équilibre et d’attractivité RH.

Les analystes estiment que ce recul pourrait pénaliser la banque dans sa capacité à attirer de nouveaux talents, notamment dans les métiers technologiques où la flexibilité est devenue un critère décisif.


En résumé

ÉlémentAvant (2021-2024)Après (2025)
Jours de télétravail autorisésJusqu’à 3 par semaine1 à 2 maximum (selon les métiers)
Motif évoqué par la directionCohésion, innovationProductivité, management de proximité
Réaction des syndicatsAccord saluéRupture de confiance, contestation
Comparaison secteurAlignée sur la moyenneDésalignement par rapport aux autres banques

Conclusion

Le recul de Société Générale sur le télétravail marque une inflexion stratégique qui ne passe pas inaperçue. Dans un monde professionnel en mutation, où l’équilibre entre performance et flexibilité est au cœur des enjeux RH, ce choix pourrait peser lourd à moyen terme sur la fidélisation des talents et l’image sociale de l’entreprise. Reste à savoir si la direction fera évoluer sa position sous la pression syndicale ou face aux répercussions internes.

carle
carle