C’est un symbole d’un autre temps qui s’apprête à disparaître des guichets de l’administration française. Le Trésor public envisage de ne plus accepter les chèques comme moyen de paiement d’ici à 2027. En ligne de mire : l’évolution des usages numériques, le coût de traitement du chèque, et une volonté de modernisation. Une mesure qui pourrait bouleverser les habitudes de plusieurs millions de Français.
🔎 Une chute vertigineuse de l’utilisation des chèques
Le chèque, autrefois roi des paiements en France, est désormais en chute libre. Selon la Direction générale des finances publiques (DGFiP), le volume de chèques reçus pour payer impôts, amendes et autres taxes est passé de 140 millions en 2013 à 40 millions en 2024, soit une baisse de plus de 70 % en dix ans. Entre début 2024 et début 2025, la chute s’est même accélérée avec une baisse de 20 % en un an.
Aujourd’hui, les chèques représentent à peine 4,5 % des opérations enregistrées par le Trésor public… et seulement 1 % des montants encaissés. En parallèle, les paiements par carte, virement ou via des portails numériques comme impots.gouv.fr explosent.
⚙️ Pourquoi l’État veut-il se passer des chèques ?
Plusieurs facteurs motivent cette volonté de modernisation du Trésor public :
- Coût de traitement élevé : Chaque chèque doit être physiquement traité dans des centres spécialisés. Le dernier encore en service, basé à Rennes, mobilise encore du personnel et des machines coûteuses.
- Sécurité faible : Le chèque reste l’un des moyens de paiement les plus fraudés en France (falsification, usurpation, chèques volés).
- Usage en baisse constante : Même dans les zones rurales ou auprès des populations âgées, les usages numériques progressent rapidement, notamment avec l’assistance numérique déployée dans les maisons France Services.
- Objectif d’efficience : L’administration cherche à rationaliser ses coûts de fonctionnement, simplifier ses outils de collecte et suivre le virage numérique global.
📆 Une échéance fixée à 2027, mais pas encore officielle
Le scénario envisagé : cesser d’accepter les chèques à l’horizon 2027, au moment de la fermeture du centre de traitement de Rennes. Cette échéance, encore sujette à discussions avec les syndicats et partenaires sociaux, n’a pas encore été gravée dans le marbre, mais elle structure déjà les réflexions internes de la DGFiP.
La transition sera encadrée et progressive. Le Trésor public prévoit une campagne d’information à destination des usagers, en particulier ceux qui sont le plus susceptibles d’être impactés par cette mesure : personnes âgées, populations en fracture numérique, habitants des zones peu connectées.
🧓 Quels impacts pour les usagers ?
Si le chèque est amené à disparaître des services publics, cela pourrait créer des difficultés pour certains profils :
- Personnes âgées : Habituées au chèque, elles peuvent être réfractaires aux outils numériques.
- Populations précaires : Qui n’ont parfois pas accès à un compte bancaire classique.
- Zones rurales : Où la couverture numérique reste inégale et l’usage d’Internet encore limité.
Pour répondre à ces enjeux, le gouvernement prévoit des mesures d’accompagnement : formation au numérique, maintien d’alternatives simples (paiement en espèce dans certains cas, carte bancaire, TIP SEPA, virements bancaires simples…).
🏦 Le chèque en France : vers une disparition totale ?
Le chèque a longtemps été un outil privilégié par les Français, pays dans lequel il a survécu bien plus longtemps qu’ailleurs. En Europe, la plupart des pays l’ont déjà abandonné. Pourtant, en 2022, la France représentait encore plus de 60 % de l’usage des chèques dans la zone euro.
Mais aujourd’hui, même dans le secteur privé, le chèque s’efface au profit du paiement sans contact, des applications bancaires, ou encore des portefeuilles numériques comme Apple Pay ou Paylib.
L’abandon progressif du chèque par l’État pourrait donc être le dernier clou dans le cercueil de ce mode de paiement.
✅ En résumé
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Chèques reçus par le Trésor (2024) | 40 millions |
| Baisse en 10 ans | -72 % |
| Part dans les paiements de l’État | 4,5 % des opérations |
| Fraude sur les chèques | Élevée, en tête des moyens de fraude |
| Fin potentielle | Horizon 2027 (non officiel) |
| Centre de traitement | Dernier basé à Rennes |

















