Donald Trump prépare une offensive contre Jerome Powell : un « président fantôme » à la Fed pour déstabiliser la politique monétaire américaine

Alors que le mandat de Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine (Fed), court officiellement jusqu’en mai 2026, Donald Trump s’apprêterait à nommer un successeur « fantôme » dès la rentrée 2025, dans une manœuvre politique visant à affaiblir l’autorité de Powell et à orienter la politique monétaire américaine vers une baisse plus rapide des taux d’intérêt.

Cette stratégie inédite suscite une onde de choc sur les marchés financiers et alerte les observateurs quant à la possible politisation accrue de la Fed, institution qui s’est historiquement voulue indépendante du pouvoir politique pour garantir la stabilité économique.


Un calendrier anticipé pour la nomination d’un successeur

Traditionnellement, la nomination d’un président de la Fed s’opère à la fin du mandat de son prédécesseur. Or, selon plusieurs sources proches de l’administration Trump, la Maison-Blanche envisagerait de devancer le calendrier, en annonçant un remplaçant potentiel à Jerome Powell dès septembre ou octobre 2025. Ce choix stratégique viserait à rendre Powell « lame duck », c’est-à-dire un dirigeant affaibli et en fin de course, ce qui limiterait son influence dans les décisions cruciales à venir.

Cette annonce anticipée pourrait modifier les attentes du marché, en renforçant la pression pour des baisses de taux d’intérêt plus rapides, et ainsi répondre aux revendications de Donald Trump, qui critique depuis longtemps la politique monétaire restrictive de Powell.


Des candidats sous le feu des projecteurs

Plusieurs noms circulent comme potentiels successeurs ou alliés pour cette stratégie de « président fantôme » :

  • Kevin Warsh, ancien gouverneur de la Fed, considéré comme plus favorable à une politique monétaire accommodante,
  • Kevin Hassett, ex-président du National Economic Council sous Trump, fervent défenseur d’une baisse des taux,
  • Scott Bessent, secrétaire au Trésor, connu pour ses idées progressistes en matière économique et proche des cercles d’influence de Trump,
  • Chris Waller, membre actuel du conseil de la Fed, souvent perçu comme un soutien possible à un assouplissement monétaire.

Ces profils ont en commun un alignement probable avec la volonté de Trump d’assouplir la politique monétaire pour stimuler la croissance à court terme.


Une réaction immédiate et forte des marchés financiers

Dès l’émergence des rumeurs sur cette stratégie, les marchés ont réagi vivement :

  • Le dollar américain a chuté à son niveau le plus bas depuis plus de trois ans, reflétant la crainte d’un assouplissement monétaire qui pourrait affecter le pouvoir d’achat et la crédibilité de la devise,
  • Les rendements des obligations d’État à 10 ans ont diminué, signe que les investisseurs anticipent une politique monétaire plus souple et donc des taux d’intérêt plus bas,
  • La volatilité sur les marchés obligataires et des changes a nettement augmenté, reflétant l’incertitude et les doutes sur la stabilité économique américaine à moyen terme.

Ces fluctuations témoignent d’un regain d’inquiétude quant à la capacité de la Fed à conserver son indépendance face à des pressions politiques de plus en plus marquées.


Un cadre légal et institutionnel complexe

Il est important de noter que la Réserve fédérale bénéficie d’une indépendance constitutionnelle robuste. La nomination d’un président anticipé ne peut pas légalement se faire sans le consentement du Sénat américain, et Powell reste à ce jour en fonction avec tout son pouvoir.

La Maison-Blanche a d’ailleurs démenti toute décision imminente, affirmant que le processus de nomination suit son cours normal. Néanmoins, l’intention politique est claire, et l’opposition démocrate ainsi que certains experts économiques s’inquiètent de cette tentative de politisation.


Les enjeux économiques et politiques

Cette tentative d’affaiblissement de Jerome Powell intervient dans un contexte économique fragile :

  • La lutte contre l’inflation reste une priorité pour la Fed, avec des taux toujours élevés pour freiner la hausse des prix,
  • Une baisse prématurée des taux pourrait relancer la consommation et la dette, mais au risque de faire repartir l’inflation à la hausse,
  • Politiquement, Trump cherche à renforcer son influence économique en vue des prochaines échéances électorales, en s’appuyant sur une politique monétaire plus laxiste.

Les analystes mettent en garde contre un risque accru d’instabilité économique et d’une perte de confiance dans la capacité de la Fed à mener une politique monétaire indépendante et efficace.


Jerome Powell face à la tempête

Le président de la Fed, pour sa part, reste ferme dans ses positions. Il a réaffirmé à plusieurs reprises que la lutte contre l’inflation prime, et que toute décision de baisse des taux doit être prise avec prudence et selon les indicateurs économiques.

Toutefois, sa position risque d’être fragilisée par la montée en puissance d’un successeur désigné avant terme, qui pourrait diviser le conseil d’administration de la Fed et rendre plus complexe la prise de décisions cohérentes.


En conclusion

La volonté de Donald Trump de nommer un « président fantôme » à la Fed constitue une manœuvre politique sans précédent visant à déstabiliser Jerome Powell et à réorienter la politique monétaire américaine. Cette stratégie, si elle se concrétise, pourrait avoir des conséquences profondes sur la stabilité financière, la confiance des marchés et la trajectoire économique des États-Unis dans les années à venir.

Les prochaines semaines s’annoncent donc décisives, tant sur le plan politique que financier, pour l’avenir de la Fed et pour la confiance accordée à la première puissance économique mondiale.

carle
carle