Google maintient les cookies tiers : une victoire pour l’open web

Google a récemment annoncé un nouveau report de la suppression des cookies tiers dans Chrome, repoussant une fois de plus l’échéance que l’entreprise avait initialement fixée pour 2022. Ce maintien est présenté par certains comme « une victoire pour l’open web », mais pour d’autres, il s’agit d’un recul en matière de respect de la vie privée.

Plongeons ensemble dans les raisons de ce revirement, les conséquences pour les internautes, les développeurs web et les annonceurs.


🧠 Que sont les cookies tiers ?

Les cookies tiers sont de petits fichiers créés par un site autre que celui que vous visitez, souvent utilisés pour le suivi publicitaire et le reciblage marketing. Ils permettent à des entreprises comme Google, Meta ou d’autres régies de suivre votre comportement sur des milliers de sites.

La suppression de ces cookies avait été annoncée comme un tournant vers une navigation plus privée. Apple et Firefox l’ont déjà fait. Google, avec plus de 60 % de part de marché des navigateurs, traîne les pieds.


📆 Nouveau calendrier : encore repoussé

Google avait initialement prévu de supprimer ces cookies :

  • en 2022, puis
  • repoussé à 2023,
  • ensuite 2024,
  • et maintenant 2025 voire au-delà.

La raison invoquée ? Le groupe dit vouloir éviter des effets involontaires sur les éditeurs et annonceurs qui dépendent encore massivement de cette technologie, et finaliser son initiative « Privacy Sandbox » avant d’avancer.


💬 Une « victoire pour l’open web » ?

Cette expression a été utilisée par plusieurs acteurs de la publicité numérique, qui craignaient que la suppression brutale des cookies favorise :

  • les walled gardens (écosystèmes fermés comme Facebook ou Apple)
  • la centralisation de la donnée autour de quelques géants (ironiquement, dont Google)

Pour ces entreprises, maintenir les cookies tiers évite de casser l’économie des petits éditeurs web, qui dépendent de revenus publicitaires fondés sur la personnalisation.

Mais…


🛑 Une défaite pour la vie privée ?

Pour les défenseurs de la vie privée (comme l’Electronic Frontier Foundation ou Privacy International), ce report est un coup de frein évident :

  • Les cookies tiers sont depuis longtemps au cœur du suivi invasif
  • La décision de Google est perçue comme un moyen de protéger ses propres intérêts publicitaires
  • D’autant que Google propose une alternative : Privacy Sandbox, qui centralise encore plus les données côté navigateur

🙈 Résultat : les utilisateurs restent traqués, mais avec une couche de « consentement » en plus.


📊 Que contient Privacy Sandbox ?

Le système Privacy Sandbox est censé :

  • Éviter le pistage individuel
  • Créer des cohortes d’utilisateurs anonymisées
  • Intégrer le ciblage directement dans Chrome

Mais cela revient à déplacer le pouvoir de l’utilisateur vers le navigateur, contrôlé par Google, ce qui soulève des craintes antitrust et de monopole sur l’écosystème web.


🏁 Conclusion : qui gagne vraiment ?

  • ✅ Les petits éditeurs web qui dépendent de la publicité ciblée gagnent du temps
  • ✅ Les annonceurs respirent, car les modèles alternatifs sont encore en développement
  • ❌ Les utilisateurs soucieux de leur vie privée voient une promesse s’éloigner
  • ❌ Les régulateurs et défenseurs de la vie privée s’impatientent

👉 Ce maintien n’est pas une victoire franche, mais plutôt un compromis temporaire dans une guerre qui oppose monétisation publicitaire et protection des données personnelles.

carle
carle