La tension monte chez Société Générale. Trois syndicats représentatifs – CFDT, CGT et CFTC – appellent à une grève ce vendredi 27 juin 2025, en réaction à la décision de la direction de réduire drastiquement les jours de télétravail, passant de deux à un seul jour par semaine. Pour les représentants du personnel, cette décision marque une rupture brutale du dialogue social et menace directement les acquis du travail hybride mis en place depuis la crise sanitaire.
Une mobilisation qui couvait
Depuis plusieurs mois, le climat social est tendu au sein de la banque. Si les suppressions de postes liées au plan de transformation « SG 2025 » ont déjà laissé des traces, c’est l’annonce récente de la direction générale, sans concertation, imposant le retour sur site à quatre jours par semaine, qui a mis le feu aux poudres.
D’après les syndicats, cette mesure va à l’encontre des accords collectifs sur le télétravail, signés en 2022, et s’inscrit dans une volonté managériale de recentraliser le contrôle, au détriment de la confiance et de la performance.
🗂️ Tableau des affiches techniques de la grève
| ÉLÉMENT CLÉ | DÉTAILS TECHNIQUES |
|---|---|
| Motif principal | Réduction du télétravail de 2 à 1 jour par semaine |
| Syndicats mobilisés | CFDT, CGT, CFTC (FO en soutien verbal sans appel formel à la grève) |
| Date de grève | Vendredi 27 juin 2025 |
| Lieu principal | Sièges parisiens (La Défense), agences régionales en soutien variable |
| Objectif de la grève | Maintien des 2 jours de télétravail prévus par l’accord interne |
| Effectifs visés | 20 000 salariés (sur ~60 000 en France), principalement dans les back-offices et IT |
| Accord concerné | Accord télétravail signé en 2022, reconduit en 2023 |
| Arguments syndicaux | Non-respect de l’accord, absence de dialogue social, méthode brutale |
| Réponse de la direction | Justification par “besoin de performance collective”, pas de recul annoncé |
| Autres tensions | Plan social SG2025, restructurations IT, climat RH jugé “glacial” |
| Mobilisation attendue | Faible en régions, forte à Paris (espaces centraux La Défense, Val-de-Fontenay) |
Une lutte emblématique d’un changement d’ère dans la banque
Alors que nombre d’entreprises, en France comme à l’international, ont fait du télétravail un pilier de leur attractivité, Société Générale opère une marche arrière brutale. Ce retour en arrière est perçu par les syndicats comme une attaque frontale contre la flexibilité acquise pendant la période Covid, et un message de défiance envers les salariés.
“C’est un passage en force. On nous traite comme des enfants qui ne sauraient travailler que sous surveillance.”
— Délégué CFDT interrogé par Le Figaro
Un bras de fer stratégique
La date du 27 juin n’est pas anodine : veille de week-end, mais surtout fin de trimestre, moment crucial pour les bilans internes. Les syndicats espèrent un signal fort à l’approche de l’été, là où les tensions sociales sont souvent minimisées.
Par ailleurs, une opération « tous au bureau » est prévue le 3 juillet, visant à démontrer l’impréparation des locaux et des réseaux à un retour massif sur site.
Analyse : au-delà du télétravail, un choc culturel
Ce mouvement social illustre un choc plus profond au sein de la banque :
- Managérial : refus croissant du modèle “présentiel” autoritaire
- Culturel : décalage entre les attentes d’une nouvelle génération d’employés (flexibilité, autonomie) et les méthodes d’encadrement traditionnelles
- Stratégique : volonté de reprendre la main sur la productivité et la performance perçue, même au prix de la motivation
Un cas d’école dans le secteur bancaire
Société Générale n’est pas la seule à durcir le ton sur le télétravail. D’autres banques, comme JPMorgan, Goldman Sachs, ou encore BNP Paribas, ont toutes, à des degrés divers, imposé une présence plus fréquente sur site. Mais l’absence de dialogue social chez SG fait ici toute la différence.
Vers un compromis ?
Pour l’instant, la direction n’a pas fléchi. Mais si la mobilisation est significative, notamment dans les fonctions supports et les équipes numériques, elle pourrait forcer l’ouverture de négociations sur un nouvel accord, plus équilibré.
Les syndicats réclament notamment :
- La reconduction des 2 jours hebdomadaires
- Des compensations de transport pour les salariés éloignés
- Une réévaluation annuelle des conditions de travail à distance
Le 27 juin pourrait marquer un tournant dans les relations sociales chez Société Générale. Ce conflit dépasse la seule question du télétravail : il symbolise la fracture entre une entreprise en mutation et des salariés en quête de stabilité, de reconnaissance, et de liberté d’organisation.

















