La maladie de Parkinson, trouble neurologique chronique et progressif, affecte des millions de personnes dans le monde. Si l’âge et la génétique sont des facteurs bien connus, les recherches récentes pointent aussi vers des causes environnementales. Parmi elles, un lien surprenant attire l’attention des scientifiques : la proximité des parcours de golf pourrait être associée à un risque accru de développer la maladie. Mais comment une activité aussi paisible et verdoyante peut-elle dissimuler une telle menace ? Enquête sur une corrélation inquiétante.
Une herbe trop verte : les pesticides en cause
Les terrains de golf ne doivent rien au hasard. Pour obtenir des pelouses d’un vert parfait, sans mauvaises herbes, ni insectes nuisibles, les responsables de l’entretien utilisent des quantités massives de pesticides : herbicides, fongicides, insecticides… Ces produits chimiques sont appliqués régulièrement et souvent en plus grande concentration que dans l’agriculture conventionnelle.
Plusieurs de ces substances sont connues ou suspectées d’être neurotoxiques. C’est notamment le cas du paraquat, interdit dans plusieurs pays mais encore utilisé dans certains États, et du maneb, un fongicide fréquemment détecté dans les environnements agricoles ou paysagers.
Des études scientifiques de plus en plus nombreuses
Depuis les années 2000, la communauté scientifique s’intéresse de près aux facteurs environnementaux de la maladie de Parkinson. Une étude majeure réalisée en Californie (Costello et al., 2009) a montré que les personnes exposées à certains pesticides, même à de faibles doses, voyaient leur risque de Parkinson augmenter jusqu’à 75 %.
Les personnes vivant à proximité de zones fortement traitées — comme les golfs — ou travaillant dans ces environnements sont donc potentiellement exposées de manière chronique à des produits neurotoxiques. Cette exposition répétée pourrait entraîner, à long terme, la mort progressive des neurones dopaminergiques dans le cerveau, à l’origine des symptômes moteurs de la maladie.
Les employés des golfs en première ligne
Les jardiniers, paysagistes et greenkeepers sont les premiers concernés. Leur travail les met en contact direct avec les produits pulvérisés, souvent sans protection suffisante. Plusieurs cas de Parkinson chez ces professionnels ont été recensés et font l’objet d’études épidémiologiques.
Certaines juridictions, comme en France ou aux États-Unis, commencent même à reconnaître la maladie de Parkinson comme maladie professionnelle pour les personnes exposées aux pesticides, ce qui renforce la crédibilité du lien environnemental.
Un mécanisme biologique plausible
Sur le plan biologique, les chercheurs ont montré que certains pesticides :
- provoquent du stress oxydatif, un déséquilibre chimique nocif pour les neurones,
- détruisent spécifiquement les neurones producteurs de dopamine, situés dans la substance noire du cerveau,
- induisent une inflammation chronique du système nerveux,
- ou perturbent les mitochondries, les centrales énergétiques des cellules.
Autant de processus impliqués dans la pathogenèse de Parkinson.
Que faire face à ce risque ?
Les parcours de golf ne disparaîtront pas, mais des solutions existent pour réduire les risques :
- Passer à des méthodes d’entretien écologiques, sans produits chimiques,
- Renforcer les équipements de protection des employés,
- Surveiller médicalement les personnes vivant à proximité des golfs,
- Promouvoir des études à long terme sur les effets de l’exposition environnementale.
une vigilance nécessaire
Le lien entre maladie de Parkinson et proximité des parcours de golf n’est pas une simple coïncidence. Bien que les preuves ne soient pas encore définitives, les signaux d’alerte se multiplient. Comme pour l’amiante ou le plomb autrefois, la prudence impose d’agir dès maintenant pour limiter l’exposition aux substances potentiellement dangereuses.
Les golfs symbolisent la tranquillité et la nature domptée. Mais derrière cette apparente sérénité, se cache peut-être un risque sanitaire sous-estimé. Une réflexion collective s’impose, pour que ces espaces verts le restent… sans menacer notre santé.

















