Un nouvel épisode de tensions transatlantiques s’est ouvert après que l’administration Trump a vivement critiqué la justice française pour l’enquête pénale visant le réseau social X, propriété d’Elon Musk. Washington accuse Paris de mener une action « politiquement motivée » qui constituerait, selon elle, une atteinte grave à la liberté d’expression.
L’affaire débute en janvier 2025, lorsque le député français Éric Bothorel (Renaissance) saisit le procureur de Paris. Il dénonce une manipulation présumée de l’algorithme de X, qui favoriserait la diffusion de contenus haineux, racistes, homophobes et extrémistes, susceptibles d’influencer le débat public en France. Après plusieurs semaines d’examen, la justice française a ouvert une enquête pénale en juillet 2025. Celle-ci porte sur des infractions telles que la manipulation d’un système automatisé et l’extraction illégale de données.
Face à ces accusations, X a réagi avec fermeté. Dans un communiqué officiel, la plateforme a affirmé que l’enquête était « politiquement motivée » et a refusé de coopérer avec les autorités françaises. L’entreprise estime que les experts mandatés pour auditer son algorithme ne sont pas impartiaux et que les accusations portées à son encontre sont infondées.
L’administration Trump est rapidement montée au créneau pour soutenir X. Par la voix du Département d’État, Washington a condamné cette procédure, l’assimilant à une tentative de censure européenne. Le gouvernement américain juge que cette enquête s’inscrit dans la logique des régulations comme le Digital Services Act (DSA), qu’il qualifie de mesures « orwelliennes » visant à restreindre la liberté d’expression.
Cette affaire illustre les tensions croissantes entre l’Union européenne et les États-Unis sur la question de la régulation des plateformes numériques. Tandis que l’Europe entend imposer davantage de transparence et de responsabilité aux géants du numérique, Washington défend une approche plus libérale, considérant ces règles comme une menace pour la libre expression en ligne.
L’enquête française, désormais conduite par la police nationale, devrait analyser techniquement l’algorithme de X et ses mécanismes de diffusion de contenus. De son côté, Elon Musk a maintenu que la plateforme ne se plierait pas aux demandes des autorités françaises, estimant qu’elles violent les principes fondamentaux de la liberté d’expression.
À l’approche de plusieurs scrutins importants en Europe, cette affaire soulève de nombreuses interrogations sur l’équilibre entre régulation des contenus en ligne, protection des utilisateurs et respect de la souveraineté numérique. Elle met également en lumière la fracture croissante entre les visions américaine et européenne de la gouvernance d’Internet.

















