L’application Tea, connue pour permettre aux femmes de noter et commenter anonymement les hommes rencontrés sur les applis de rencontre, est au centre d’une polémique majeure après un piratage massif. Près de 72 000 images, incluant des selfies d’identité et des photos privées, ont été compromises et partagées sur Internet.
Une application pensée pour la sécurité des femmes
Créée en 2023 par Sean Cook à San Francisco, Tea s’était rapidement imposée comme une plateforme innovante, présentée comme un réseau de sécurité numérique pour les femmes. Elle proposait aux utilisatrices vérifiées de :
- Publier des avis anonymes sur des hommes rencontrés via des applications de dating.
- Accéder à des red flags signalés par d’autres femmes.
- Vérifier l’identité de personnes grâce à des images ou des informations publiques.
Son concept avait rencontré un grand succès : Tea avait atteint la première place de la catégorie Lifestyle sur l’App Store américain et comptait plusieurs millions d’utilisatrices enregistrées ou en liste d’attente.
Le piratage et l’ampleur de la fuite
Le 25 juillet 2025, Tea a reconnu qu’un système de stockage hérité avait été piraté.
Les cybercriminels ont volé 72 000 images, parmi lesquelles :
- 13 000 selfies et documents d’identité, utilisés pour la vérification des comptes.
- 59 000 images issues de messages, publications ou commentaires laissés sur l’application.
Un lien vers ces fichiers a été brièvement diffusé sur 4chan, exposant potentiellement les données d’utilisatrices inscrites avant février 2024.
Selon Tea, aucune adresse e-mail, numéro de téléphone ou mot de passe n’aurait été compromis, mais la fuite reste extrêmement sensible en raison de la nature personnelle des images volées.
Une atteinte à la vie privée et à la confiance
Cette fuite massive soulève de sérieuses inquiétudes concernant :
- Le vol d’identité, puisque des photos d’identité officielles ont été exposées.
- Le stalking ou le harcèlement, facilité par la divulgation d’images privées.
- Les risques de diffamation liés à la nature même de l’application, qui encourage les avis anonymes sur des personnes réelles.
Tea affirme avoir immédiatement lancé une enquête, renforcé ses systèmes et mandaté des experts en cybersécurité. L’entreprise précise que changer de mot de passe n’est pas nécessaire, mais la confiance des utilisatrices est fortement ébranlée.
Des débats éthiques sur ce type de plateforme
L’affaire relance le débat autour des applications basées sur la notation anonyme d’individus.
Si certaines y voient un outil de protection et de solidarité féminine, d’autres dénoncent les risques d’atteinte à la réputation et de diffamation. L’application Tea avait déjà été comparée à Lulu, une plateforme similaire lancée en 2013 et rapidement critiquée pour les mêmes raisons.
Un coup dur pour une appli en pleine expansion
Malgré le scandale, Tea continue de susciter un fort intérêt avec des millions de femmes en liste d’attente.
Cependant, ce piratage pourrait freiner sa croissance et inciter les régulateurs à s’intéresser de plus près aux applications qui collectent et stockent des données biométriques sensibles comme les selfies de vérification d’identité.

















