Naf Naf en sursis : vers une fermeture anticipée des magasins avant la décision judiciaire

Née dans les années 70, l’enseigne Naf Naf a longtemps incarné un style à la fois jeune, accessible et féminin. Mais depuis plusieurs années, la marque emblématique traverse une série de crises qui l’ont menée à la porte du tribunal de commerce, avec en ligne de mire une décision cruciale attendue ce jeudi. Pourtant, plusieurs magasins ont déjà commencé à anticiper une fermeture, illustrant la gravité de la situation.


Un contexte économique impitoyable

Comme de nombreuses enseignes de prêt-à-porter, Naf Naf a été fragilisée par une conjonction de facteurs :

  • la crise du Covid-19 qui a vidé les boutiques,
  • l’essor du e-commerce et des géants comme Shein ou Zara,
  • des difficultés de trésorerie persistantes,
  • une fréquentation des centres commerciaux en baisse.

À cela s’ajoute un modèle économique vieillissant, que les repreneurs successifs n’ont pas réussi à moderniser. Résultat : des pertes d’exploitation chroniques et des arriérés de paiements qui se sont accumulés.


Une procédure judiciaire imminente

L’entreprise est actuellement en redressement judiciaire. Le tribunal de commerce de Bobigny doit statuer ce jeudi sur la poursuite de l’activité ou une possible liquidation judiciaire. Mais selon des sources internes, la décision semble déjà anticipée par certains franchisés et salariés :

« On nous a dit d’arrêter les livraisons, de ne plus commander. On prépare la fermeture, même sans que le verdict soit tombé », confie une responsable de boutique à Paris.


Des magasins qui ferment en avance

Dans de nombreuses villes — Paris, Marseille, Lyon, Toulouse — des magasins Naf Naf ont déjà commencé à baisser le rideau. Certains affichent des pancartes de liquidation, d’autres ont déjà cessé leur activité sans attendre l’issue du procès.

Ce phénomène est symptomatique de la perte de confiance des équipes et des partenaires : distributeurs, fournisseurs et bailleurs ne veulent plus prendre de risque. Plusieurs centres commerciaux auraient déjà résilié les baux commerciaux.


Quel avenir pour les salariés ?

Avec près de 750 salariés en France et plus de 100 magasins, la chute de Naf Naf représenterait une perte majeure pour le tissu économique local. En l’absence de repreneur crédible à ce jour, les emplois sont menacés.

Les syndicats redoutent un scénario catastrophe, comme celui connu récemment par Camaïeu ou San Marina. L’enseigne avait pourtant déjà été reprise en 2020 par le groupe franco-turc SY International, sans réussir à la redresser durablement.


Une issue encore incertaine

Même si aucune décision officielle n’a été rendue, les signaux sont alarmants. À l’heure où le tribunal doit trancher, les actes de gestion anticipée laissent peu d’espoir quant à une relance.

Plusieurs candidats à la reprise partielle auraient déposé des offres pour certaines boutiques, mais aucune proposition globale ne permettrait de sauver l’ensemble de l’activité.


Conclusion : une disparition programmée ?

Naf Naf pourrait devenir une nouvelle victime de la crise structurelle du textile en France, où la concurrence étrangère, la transformation numérique et les changements de comportement des consommateurs ont profondément bouleversé le secteur.

L’annonce du tribunal ce jeudi pourrait marquer la fin d’une époque pour des générations de clientes. Mais pour les salariés et les partenaires, c’est surtout l’incertitude sociale et économique qui domine. Le compte à rebours est lancé.

carle
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