Nucléaire : microfissures détectées à la centrale de Civaux, une alerte sur la sûreté des installations

Nouvelle alerte dans le parc nucléaire français. Deux microfissures ont été détectées sur des tuyauteries du circuit secondaire de la centrale nucléaire de Civaux, dans la Vienne. L’annonce, confirmée par EDF et l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) ce lundi 17 juin 2025, relance les inquiétudes autour de l’état de vieillissement des installations, alors que la filière entame un virage stratégique vers le prolongement de ses réacteurs.


Ce que l’on sait sur les fissures

Les microfissures ont été repérées lors d’une opération de maintenance programmée sur le réacteur n°1 de Civaux, à l’arrêt depuis le mois d’avril. Il s’agit de fissurations par corrosion sous contrainte (CSC), un phénomène connu dans l’industrie nucléaire et déjà observé en 2021 sur le même site.

Selon EDF, les deux fissures mesurent moins de 2 millimètres et se trouvent sur des portions de tuyauterie non nucléaires mais reliées au circuit de refroidissement du réacteur.

« Aucun risque immédiat pour la sûreté n’est à signaler », affirme l’exploitant dans un communiqué.


L’ASN ouvre une instruction technique

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a immédiatement été informée de l’incident. Une instruction technique a été ouverte, avec des analyses métallurgiques en cours pour déterminer l’origine exacte des fissures.

L’ASN indique cependant que ces défauts, bien que jugés mineurs à ce stade, sont suivis avec la plus grande attention, notamment en raison de leur proximité avec des zones sensibles du circuit secondaire.

« Ce type de corrosion doit être systématiquement surveillé sur les réacteurs les plus anciens », précise un expert de l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire).


Contexte : un parc nucléaire vieillissant

La centrale de Civaux, mise en service en 1997, est équipée de deux réacteurs de type EPR 1450 MW. Elle fait partie des sites les plus récents du parc nucléaire français, mais n’échappe pas aux phénomènes de vieillissement des matériaux.

Cette découverte intervient alors que :

  • EDF souhaite prolonger la durée de vie des réacteurs au-delà de 40 ans ;
  • Le gouvernement a acté la construction de six nouveaux EPR2, dont le chantier pilote commencera à Penly ;
  • L’ASN demande une vigilance renforcée sur la corrosion dans tout le parc, à la suite de l’affaire des fissures détectées en 2021–2022 sur les réacteurs de type P4.

Réactions prudentes mais inquiètes

Les syndicats et associations antinucléaires ont rapidement réagi. Le réseau Sortir du nucléaire appelle à une transparence totale sur l’état des infrastructures, tandis que Greenpeace France s’inquiète de la récurrence des défauts sur le site de Civaux :

« Comment peut-on envisager le prolongement des réacteurs si ceux-ci présentent déjà des signes de fragilité ? »

Du côté du gouvernement, la ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher a tenté de rassurer :

« Nous faisons confiance à l’ASN pour garantir un haut niveau de sûreté. Il n’y a pas de raison de remettre en cause le programme nucléaire sur la base de ces éléments. »


ÉlémentDétail
📍 LieuCentrale nucléaire de Civaux (Vienne)
⚠️ ProblèmeDeux microfissures détectées sur tuyauteries
📅 Date de découverteJuin 2025 (pendant maintenance)
🧪 Type de défautCorrosion sous contrainte (CSC)
🛠️ ConséquenceInstruction technique de l’ASN en cours
🧯 Risque immédiatAucune fuite, aucun danger à ce stade
🔍 SurveillanceRenforcée sur les circuits sensibles

La détection de deux nouvelles microfissures à Civaux rappelle que la sûreté nucléaire reste un enjeu constant, même sur les sites les plus modernes. Si le risque immédiat semble faible, la répétition des défauts de corrosion pose la question de la capacité du parc nucléaire à tenir dans la durée. Alors que la France mise sur le nucléaire pour assurer sa transition énergétique, la confiance dans l’intégrité du matériel sera décisive.

carle
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