Pourquoi les voitures électriques peuvent accentuer le mal des transports : explications scientifiques et solutions

Avec l’essor des voitures électriques, de nombreux automobilistes et passagers découvrent un phénomène inattendu : une sensation accrue de mal des transports, connue médicalement sous le nom de cinétose. Alors que ces véhicules sont salués pour leur silence, leur faible impact environnemental et leur agrément de conduite, ils semblent provoquer, chez certaines personnes, une gêne plus marquée qu’en voiture thermique. Pourquoi cette amplification du mal des transports ? Et que peut-on faire pour y remédier ? Éclairage sur un phénomène encore peu connu du grand public.


Le mal des transports : une affaire de capteurs sensoriels

Le mal des transports survient lorsqu’il existe un décalage entre ce que voient nos yeux, ce que perçoit notre oreille interne (organe de l’équilibre), et ce que ressent notre corps. Ce conflit sensoriel perturbe le cerveau, qui interprète ces signaux incohérents comme une situation anormale, provoquant nausées, sueurs froides, vertiges, voire vomissements.

Dans un véhicule classique, ces conflits sont souvent modérés ou maîtrisés par l’expérience. Mais dans une voiture électrique, certains éléments aggravants viennent perturber davantage ce fragile équilibre.


Les spécificités des voitures électriques qui amplifient la cinétose

1. Silence de fonctionnement

Les voitures thermiques émettent des sons continus — moteur, vibrations, régime — qui donnent des indices sensoriels précieux au cerveau pour anticiper les mouvements. Dans une voiture électrique, le silence relatif prive les passagers de ces repères auditifs. Résultat : le cerveau est « surpris » par les mouvements, n’ayant pas de sons pour les anticiper, ce qui peut augmenter le mal des transports.

2. Accélérations instantanées et linéaires

Contrairement aux véhicules thermiques, les voitures électriques délivrent immédiatement tout leur couple moteur. Cela engendre des accélérations rapides, parfois sans à-coups ni bruit. Cette linéarité du mouvement, bien que agréable pour le conducteur, est parfois déstabilisante pour le corps, qui a du mal à détecter le début ou la fin d’un changement de vitesse.

3. Ralentissements par freinage régénératif

Le freinage régénératif des véhicules électriques permet de récupérer de l’énergie au relâchement de l’accélérateur. Cela provoque des décélérations douces mais constantes, qui peuvent désorienter les passagers, car elles ne sont pas toujours anticipées visuellement ni ressenties de manière évidente.

4. Suspensions fermes et centre de gravité bas

Les véhicules électriques, en raison du poids de leur batterie, sont souvent plus lourds, avec un centre de gravité plus bas. Cela peut générer des suspensions plus fermes et une tenue de route différente, ce qui modifie la manière dont les mouvements sont transmis aux passagers, parfois de manière désagréable.


Qui est concerné ?

Tout le monde peut être victime du mal des transports, mais certaines personnes sont plus sensibles :

  • Les enfants, notamment entre 2 et 12 ans
  • Les passagers qui ne regardent pas la route (lecteurs, utilisateurs de smartphone)
  • Les personnes sujettes à la migraine ou aux troubles de l’oreille interne
  • Les personnes assises à l’arrière, plus éloignées des repères visuels

Les solutions pour atténuer le mal des transports en voiture électrique

Même si le phénomène est réel, plusieurs solutions permettent de réduire ses effets :

  • Asseyez-vous à l’avant : la vision de la route permet d’aligner les signaux visuels avec ceux de l’équilibre.
  • Fixez un point à l’horizon : cela réduit le conflit sensoriel.
  • Évitez de lire ou de regarder un écran : cela aggrave le décalage sensoriel.
  • Aérez régulièrement l’habitacle : un air frais aide à limiter les nausées.
  • Demandez une conduite douce et prévisible : notamment lors des freinages régénératifs.
  • Utilisez des médicaments ou des bracelets d’acupression en cas de forte sensibilité.

Les constructeurs commencent également à s’intéresser à ce problème. Certains travaillent sur des systèmes de retour auditif artificiel, des suspensions plus intelligentes ou encore des aides à la conduite prédictives pour réduire les sensations désagréables.


Une question d’adaptation

Il ne faut pas oublier que le mal des transports peut aussi diminuer avec l’habitude. Le cerveau apprend à mieux anticiper les mouvements à mesure que l’expérience augmente. Ainsi, ce phénomène ressenti par certains dans les voitures électriques n’est pas forcément permanent. Néanmoins, il est utile que les constructeurs et les conducteurs en prennent conscience afin de rendre ces véhicules plus agréables pour tous les passagers.

carle
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