Trump relance la guerre commerciale : des surtaxes de 35 % sur les produits canadiens à partir du 1er août

Dans une annonce fracassante qui ravive les tensions commerciales en Amérique du Nord, l’ancien président américain et candidat républicain à l’élection présidentielle de novembre 2025, Donald Trump, a déclaré qu’il imposera une surtaxe douanière de 35 % sur tous les produits canadiens entrant aux États-Unis à partir du 1er août 2025. Une mesure aux conséquences économiques et diplomatiques potentiellement explosives.


Une attaque frontale contre le Canada

Donald Trump justifie cette décision par plusieurs arguments :

  • Le déficit commercial entre les États-Unis et le Canada, qu’il estime « inacceptable », atteignait 63 milliards de dollars en 2024.
  • Le rôle supposé du Canada dans la crise du fentanyl aux États-Unis.
  • Et, plus globalement, la nécessité de « protéger les travailleurs américains », selon ses mots.

« Le Canada profite de nous depuis trop longtemps. Nos usines ferment, nos emplois partent. Et maintenant, ils laissent passer du fentanyl qui tue nos enfants. Ça suffit », a déclaré Trump lors d’un rassemblement en Pennsylvanie.


Une mesure électoraliste ?

Alors que la campagne présidentielle s’intensifie, beaucoup d’analystes y voient une stratégie électoraliste destinée à séduire l’électorat ouvrier et rural. Trump joue à nouveau la carte du protectionnisme économique, un thème central de sa première campagne en 2016 et de sa présidence (2017-2021), marquée par des tensions avec la Chine, le Mexique… et déjà le Canada.

Cependant, les chiffres du Département de la Sécurité intérieure indiquent que moins de 1 % du fentanyl saisi provient du Canada — l’essentiel passant par le Mexique ou via des envois postaux en provenance d’Asie. Ce décalage entre justification officielle et réalité soulève des critiques sur la sincérité de cette mesure.


Impact économique immédiat

Les marchés n’ont pas tardé à réagir :

  • Le dollar canadien a chuté de 0,5 % face au billet vert.
  • Plusieurs secteurs industriels canadiens — notamment l’agroalimentaire, l’automobile et les produits manufacturés — redoutent des pertes massives d’exportations.
  • Aux États-Unis, les importateurs devront supporter la surtaxe, ce qui risque de faire grimper les prix à la consommation, en particulier pour les produits alimentaires, les bois d’œuvre et certains biens d’équipement.

L’industrie automobile nord-américaine, fortement intégrée entre les deux pays via l’accord USMCA, pourrait également être sévèrement touchée, même si certaines exemptions sont envisagées pour l’énergie et les matières premières.


Réaction ferme d’Ottawa

Le gouvernement canadien, dirigé par le Premier ministre Mark Carney, a immédiatement dénoncé cette mesure comme une violation flagrante des accords commerciaux nord-américains. Dans un communiqué, Ottawa annonce une riposte :

« Nous n’accepterons pas ce chantage économique. Le Canada prendra toutes les mesures nécessaires pour protéger ses industries et ses travailleurs. »

Parmi les options en discussion :

  • Des droits de douane réciproques sur les produits américains (viande, alcool, équipements industriels).
  • Un recours devant les instances de l’ALENA / USMCA, qui pourrait conduire à des sanctions contre Washington si la clause de règlement des différends est activée.
  • Une coordination avec l’Union européenne, également visée par Trump dans ses menaces tarifaires (15 à 20 % de taxes proposées).

Une guerre commerciale mondiale en gestation ?

Trump a aussi adressé des lettres similaires à une vingtaine de pays, notamment la France, l’Allemagne, le Japon, le Brésil et la Corée du Sud, pour les avertir qu’en cas de victoire en novembre, il appliquera des droits de douane de 15 à 50 % selon les produits et la balance commerciale.

Le spectre d’une guerre commerciale globale hante donc les grandes puissances économiques, déjà fragilisées par l’inflation, la désindustrialisation et la transition énergétique.


Une mesure à haut risque juridique

Enfin, plusieurs juristes rappellent que des précédentes décisions de justice aux États-Unis ont limité le pouvoir présidentiel en matière de commerce extérieur. Une surtaxe généralisée de 35 % pourrait être inconstitutionnelle ou bloquée par le Congrès, notamment si elle n’est pas justifiée par des motifs de sécurité nationale réels.

Des plaintes sont déjà en préparation de la part de groupes d’importateurs, d’entreprises et d’élus démocrates.


Conclusion

En annonçant des surtaxes de 35 % sur les produits canadiens, Donald Trump relance une logique de confrontation économique qui pourrait bouleverser les équilibres nord-américains et mondiaux. Derrière le discours musclé se cachent des enjeux complexes : électoraux, diplomatiques, économiques, juridiques. À moins de quatre mois de l’élection présidentielle américaine, le monde entier observe, inquiet, ce retour de flamme protectionniste.

carle
carle