Une experte décortique les produits protéinés de Migros et Coop : entre marketing, nutrition et réalité

Depuis plusieurs années, la demande en produits riches en protéines explose, portée par la tendance du fitness, du bien-être, et d’une population de plus en plus soucieuse de sa santé. Les grandes enseignes suisses comme Migros et Coop ont rapidement développé des gammes « high protein » pour répondre à cette attente. Yaourts, desserts, barres, boissons protéinées ou substituts de repas enrichis en protéines abondent désormais sur leurs étagères. Mais ces produits tiennent-ils vraiment leurs promesses nutritionnelles ? Une experte en nutrition a récemment analysé et noté ces produits pour mettre en lumière ce que cache cette offre protéinée grand public.

L’avis de l’experte : une approche critique et pragmatique

La nutritionniste Ioana Chelemen, reconnue pour son expertise dans l’alimentation saine, rappelle que tous les produits dits « protéinés » ne se valent pas. Selon elle, « il ne suffit pas d’ajouter des isolats ou concentrés de protéines pour faire un produit sain et bénéfique ». Beaucoup de produits sont en réalité très transformés et contiennent des quantités importantes de sucres, d’additifs et d’ingrédients peu recommandables. Leur profil nutritionnel est souvent déséquilibré, malgré l’étiquette « riche en protéines ».

Elle recommande ainsi de ne pas se fier uniquement aux allégations marketing, mais de vérifier la liste des ingrédients et la quantité réelle de protéines présentes par portion. Pour elle, les meilleures sources restent les aliments naturels riches en protéines comme les légumineuses, les œufs, le fromage blanc, les poissons ou les viandes maigres.

Les produits analysés chez Migros

Migros propose notamment la gamme « OH! » qui comprend des yaourts, desserts lactés et barres riches en protéines. Ces produits séduisent par leur texture onctueuse et leur promesse d’un apport protéique renforcé, idéal pour la récupération sportive ou en collation.

Cependant, l’experte souligne plusieurs points faibles :

  • Certains yaourts contiennent jusqu’à 12 à 15 g de sucres par portion, ce qui peut annuler les bénéfices des protéines.
  • Les barres protéinées présentent souvent des ingrédients transformés et des additifs (arômes, stabilisants) qui ne sont pas toujours nécessaires.
  • La provenance et la qualité des protéines utilisées (souvent du lactosérum ou isolats végétaux) varient, et leur impact sur la satiété et la santé est à considérer.

Les produits analysés chez Coop

Chez Coop, la gamme « High Protein » se compose de crèmes, de boissons et de barres protéinées. La marque met en avant un profil nutritionnel intéressant avec un bon apport en protéines, souvent autour de 10 à 20 g par portion.

Toutefois, les critiques restent similaires :

  • Des quantités élevées de sucres ajoutés ou d’édulcorants dans certains produits.
  • Une liste d’ingrédients parfois longue et peu lisible pour le consommateur.
  • Un équilibre parfois insuffisant en termes de fibres, ce qui est pourtant important pour la digestion et la satiété.

L’experte recommande donc la vigilance et d’éviter de baser son alimentation exclusivement sur ces produits, au profit d’une alimentation plus variée.

L’importance du contexte d’utilisation

L’experte rappelle aussi que ces produits protéinés peuvent avoir leur utilité dans certains contextes :

  • Chez les sportifs cherchant à augmenter leur apport protéique pour la récupération musculaire.
  • Pour les personnes âgées ou à risque de dénutrition, qui ont besoin de compléments protéiques.
  • Comme substituts pratiques lors de repas rapides ou en déplacement.

Néanmoins, ils ne doivent pas devenir la base régulière d’une alimentation, ni se substituer aux aliments naturels et complets.

Conclusion : entre opportunité marketing et réalité nutritionnelle

Les produits protéinés de Migros et Coop répondent indéniablement à une demande croissante et offrent une solution pratique pour augmenter son apport en protéines. Cependant, leur qualité nutritionnelle reste très variable, et certains sont fortement transformés avec des additifs et des sucres qui peuvent contrecarrer leurs bienfaits.

L’experte Ioana Chelemen invite donc les consommateurs à être attentifs aux étiquettes, à privilégier la variété alimentaire et les aliments naturels, et à utiliser ces produits avec discernement, dans le cadre d’une alimentation équilibrée.

carle
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