Contrainte de s’adapter au Digital Markets Act (DMA), Apple a officialisé une refonte majeure de la tarification de l’App Store en Europe. Désormais, les développeurs peuvent proposer des liens de paiement externes, mais doivent accepter une nouvelle grille de commissions, jugée par certains comme toujours pénalisante.
🏛️ Une réforme sous pression européenne
Depuis mars 2024, Apple est dans le collimateur de la Commission européenne, qui lui reproche de bloquer l’accès à des moyens de paiement alternatifs. Après une amende de 500 millions d’euros en février 2025, l’entreprise a été sommée de se conformer aux règles du DMA, qui visent à lutter contre les abus de position dominante des géants du numérique.
C’est dans ce contexte que la firme de Cupertino a dévoilé fin juin une nouvelle grille tarifaire, applicable aux développeurs distribuant des applications via l’App Store européen.
💰 Ce qui change : plus d’ouverture… mais pas sans frais
Apple autorise désormais l’intégration de liens externes multiples dans les apps pour rediriger les utilisateurs vers d’autres plateformes de paiement. Mais en échange, elle applique plusieurs nouveaux types de frais, qui s’ajoutent à ses commissions historiques.
🧾 Les nouveaux frais Apple en Europe :
| Type de frais | Détail |
|---|---|
| Frais d’acquisition utilisateur | 2 % sur les ventes réalisées via un lien externe dans les 6 mois suivant l’installation de l’app |
| Frais « App Store » Tier 1 | 5 % pour les développeurs utilisant seulement les services de base d’Apple |
| Frais « App Store » Tier 2 | 13 %, incluant promotion, analytics, mise en avant (10 % pour PME ou abonnements de plus d’un an) |
| Commission « Core Technology » (CTC) | 5 % supplémentaire sur les paiements réalisés en dehors de l’App Store |
Résultat : un développeur utilisant un lien externe avec tous les services d’Apple pourra se voir facturer jusqu’à 20 % sur ses revenus — contre les 15 à 30 % du système classique.
📉 Réactions contrastées chez les développeurs
Alors que certains saluent la fin du monopole du système In-App Purchase, d’autres dénoncent une « fausse ouverture », avec des frais complexes et toujours lourds.
🎙️ Tim Sweeney (Epic Games) :
« Ce que fait Apple, c’est dire : « Vous pouvez sortir de notre App Store, mais vous paierez quand même. » »
🗣️ Daniel Ek (Spotify) :
« Ces changements sont une manipulation. Les développeurs sont toujours contraints de payer, même quand ils n’utilisent pas les services Apple. »
💬 Pavel, développeur indépendant :
« Pour moi, c’est mieux qu’avant. J’ai une petite app de méditation. Je peux maintenant proposer des abonnements via Stripe sur mon site, même si je perds 7 % au passage. »
💼 Marie, responsable monétisation dans un jeu mobile :
« Ça devient trop compliqué. Entre les tiers, les taux, les options… je vais probablement rester avec l’ancien système à 15 %. »
🗨️ Ce qu’en pensent les internautes
Les réseaux sociaux et forums tech ont vu fleurir des centaines de réactions depuis l’annonce d’Apple :
- @AlexMDev : « C’est pas une vraie ouverture. Apple veut juste éviter une nouvelle amende. »
- @lola_webdesign : « Enfin on peut utiliser des solutions comme Paddle ou PayPal sans se faire bannir. Mais 12 %, c’est encore énorme. »
- @EnzoCode : « Encore un modèle incompréhensible. Un tableau Excel pour vendre un e-book ? 🙄 »
- @KenzaTech : « Merci l’Europe. Sans le DMA, on aurait encore les mêmes règles depuis 15 ans. »
- @JusteUnGamer : « Je comprends mieux pourquoi Spotify râle. C’est toujours Apple qui gagne. »
⚖️ Enjeux à venir
La Commission européenne a indiqué qu’elle évaluera dans les semaines à venir si cette réforme respecte réellement le DMA. En cas de doute, de nouvelles sanctions pourraient tomber dès cet été, voire une suspension des services en non-conformité.
🔚 En conclusion
Apple ouvre la porte aux paiements alternatifs… tout en gardant un pied dedans. Les développeurs disposent désormais de plus de liberté, mais à un coût calculé. Le débat reste entier : le DMA est-il en train de transformer en profondeur les pratiques d’Apple, ou assiste-t-on à un simple habillage légal d’un modèle économique inchangé ?

















