DAB : Ce qui change dès le samedi 28 juin pour vos retraits d’argent – Nouvelle réglementation, nouveaux usages

Dès ce samedi 28 juin 2025, les distributeurs automatiques de billets (DAB) en France connaissent une évolution majeure, qui va impacter des millions d’usagers. Ces changements sont liés à l’entrée en vigueur de nouvelles règles européennes de sécurité, à la transformation du paysage bancaire, mais aussi à la volonté des établissements de mieux encadrer l’usage du liquide. Voici tout ce qu’il faut savoir.


Un réseau en pleine mutation

La France comptait encore plus de 48 000 DAB en 2018. En 2025, on en dénombre à peine 33 000, soit une baisse de plus de 30 %. Cette diminution résulte :

  • De la fermeture d’agences bancaires, notamment en zones rurales,
  • Du coût d’entretien élevé des DAB,
  • Et de la montée en puissance des paiements numériques et sans contact.

La réforme du 28 juin intervient donc dans un contexte de rationalisation, mais aussi de modernisation des services.


Ce qui change à partir du 28 juin

1. Un plafond de retrait harmonisé à l’échelle nationale

Les banques françaises harmonisent leurs plafonds de retrait par défaut :

  • 500 € sur 7 jours glissants, pour les cartes classiques,
  • 1 000 € pour les cartes premium, selon les contrats.

Cette uniformisation vise à lutter contre les fraudes tout en simplifiant les règles entre établissements. Les clients conservent néanmoins la possibilité de demander une augmentation temporaire ou permanente de leur plafond via leur espace en ligne.


2. Des frais interbancaires mieux encadrés

Les retraits réalisés dans une banque autre que la vôtre sont désormais :

  • Gratuits pour les 3 premiers retraits par mois,
  • Puis facturés 1 € par opération à partir du 4ᵉ retrait.

Jusqu’ici, ces frais variaient selon les banques (entre 0,90 € et 1,50 €). Ce nouveau cadre vise plus de transparence et d’équité.


3. Des fonctionnalités élargies sur les nouveaux DAB

Les modèles les plus récents de DAB offrent désormais :

  • Dépôt de chèques ou d’espèces, pour certaines banques,
  • Impression d’un relevé mini-compte instantané,
  • Accès à certaines opérations sécurisées (changement de code, demande de RIB, virements internes),
  • Et surtout, retrait sans carte, via authentification mobile (QR code, biométrie, ou application bancaire).

4. Un affichage renforcé des informations de sécurité

Dans le cadre de la directive européenne PSD2 et des nouvelles normes ISO, les DAB doivent :

  • Afficher de manière claire les frais éventuels,
  • Mettre en avant des messages de prévention contre les arnaques au DAB (vols de carte, “collet marseillais”, usurpation d’identité),
  • Et proposer des options pour contacter un conseiller en cas de problème, directement depuis l’écran.

Et dans les petites communes ?

Pour lutter contre la disparition du cash en zones rurales, des DAB mutualisés sont progressivement déployés sous la marque « Point Cash ». Ils permettent à plusieurs banques de partager une seule machine dans un village ou une petite ville. Objectif : maintenir un accès minimum au liquide partout sur le territoire.

Ces points disposent des mêmes fonctions que les DAB classiques, avec des frais identiques à ceux pratiqués dans les grandes villes.


Les banques en ligne aussi concernées

Même si les banques 100 % en ligne comme Boursorama, Fortuneo ou Hello Bank ne possèdent pas de DAB en propre, leurs clients bénéficient aussi de ces nouvelles règles, notamment :

  • De la gratuité sur les 3 premiers retraits hors réseau,
  • Et de la possibilité de retrait via smartphone dans certains cas (partenariats avec BNP Paribas, Crédit Mutuel, etc.).

Le cash, bientôt obsolète ?

Si les retraits d’espèces restent importants (plus de 9 Français sur 10 en font au moins une fois par mois), leur usage baisse. En 2024, moins de 20 % des paiements en magasin se faisaient en liquide, contre 68 % dix ans plus tôt.

Avec les paiements mobiles, sans contact, et les portefeuilles numériques intégrés (Google Pay, Apple Pay…), l’argent liquide devient un outil de plus en plus secondaire.


Conclusion

À partir du 28 juin 2025, les règles d’utilisation des DAB évoluent fortement, avec des plafonds harmonisés, des frais mieux encadrés et des fonctionnalités modernisées. Si le cash n’est pas encore mort, son usage continue de se réduire, et les banques s’adaptent à une nouvelle ère numérique.

Pour les usagers, l’enjeu est double : mieux comprendre les nouvelles modalités, mais aussi adopter les outils numériques proposés pour ne pas se retrouver à la traîne dans une société de plus en plus dématérialisée.

carle
carle