Alors que les craintes grandissaient autour de la suppression progressive du dispositif MaPrimeRénov’, le gouvernement a annoncé ce mois de juin 2025 un revirement stratégique : une partie des aides à la rénovation énergétique, notamment les travaux dits « mono-gestes », seront finalement maintenues jusqu’à fin 2025.
Une décision saluée par les professionnels du bâtiment, les associations de consommateurs et de nombreux particuliers engagés dans la transition énergétique. Retour en détail sur ce qu’il faut retenir.
Rappel : qu’est-ce que MaPrimeRénov’ ?
Mis en place en janvier 2020, MaPrimeRénov’ est un dispositif d’aide financière destiné à encourager les travaux de rénovation énergétique dans les logements. Elle s’adresse aussi bien :
- aux propriétaires occupants,
- aux propriétaires bailleurs,
- qu’aux copropriétés.
Le but ? Réduire les consommations d’énergie, améliorer le confort thermique des habitations et lutter contre les passoires énergétiques (logements classés F ou G au DPE).
❌ Une réforme qui faisait polémique
En début d’année 2025, le gouvernement avait annoncé vouloir recentrer MaPrimeRénov’ sur les rénovations globales. Cela impliquait :
- la réalisation de plusieurs types de travaux en même temps (ex. : isolation + changement de chauffage),
- l’obligation de passer par un accompagnateur rénov’,
- la suppression progressive des aides pour les mono-gestes (ex. : uniquement changer ses fenêtres ou isoler ses combles).
Ces annonces ont soulevé une forte levée de boucliers, notamment chez :
- les ménages modestes, pour qui les rénovations globales sont souvent trop coûteuses ;
- les artisans et entreprises du BTP, qui craignaient une chute d’activité brutale.
✅ Finalement, un maintien partiel du dispositif
Face aux critiques, le gouvernement a revu sa copie. Il a annoncé que :
- Les mono-gestes seront maintenus jusqu’au 31 décembre 2025 ;
- Les propriétaires de passoires thermiques (logements F et G) pourront continuer à en bénéficier ;
- Pas d’obligation immédiate de changer le système de chauffage pour bénéficier de l’aide ;
- Pas besoin de diagnostic énergétique pour les mono-gestes.
Cela signifie que des travaux simples comme l’isolation des murs, le remplacement de fenêtres ou la pose d’un chauffe-eau performant restent finançables sans devoir engager une rénovation globale.
Quels changements malgré tout ?
Même si le dispositif est partiellement sauvé, certaines modifications entrent en vigueur dès juillet 2025 :
| Changement | Détail |
|---|---|
| 📉 Réduction des aides bois-biomasse | Aides à l’achat de chaudières à granulés ou poêles bois réduites de 30 % |
| 💰 Moins d’avance de trésorerie | L’avance versée aux ménages très modestes passe de 70 % à 50 % du montant |
| ⏸️ Suspension temporaire | Le gouvernement a annoncé que plus aucun dossier ne sera accepté à partir de juillet 2025, faute de budget |
| 📉 Baisse des aides aux rénovations globales | Les taux de prise en charge pour les rénovations complètes diminuent aussi pour les classes moyennes et supérieures |
Une décision saluée, mais des incertitudes persistent
Les fédérations du bâtiment ont salué le maintien des mono-gestes, qui représentent près de 80 % des dossiers déposés jusqu’ici. Mais elles alertent sur deux points majeurs :
- La suspension à mi-année est un coup dur pour les entreprises qui planifient sur plusieurs mois ;
- La baisse des avances de trésorerie va compliquer la vie des ménages les plus précaires.
Du côté des consommateurs, l’annonce du gel de l’aide à partir de juillet 2025 est perçue comme une rupture brutale. Certains évoquent déjà des reports de travaux ou des annulations, faute de pouvoir engager les démarches à temps.
Quelles alternatives pour les ménages après juillet ?
À partir de la suspension du dispositif, d’autres leviers pourront être mobilisés :
- Certificats d’économie d’énergie (CEE) : aides privées versées par les fournisseurs d’énergie ;
- Éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) : jusqu’à 50 000 € sans intérêts ;
- Aides locales : proposées par certaines régions, départements ou intercommunalités ;
- TVA réduite à 5,5 % sur les travaux d’amélioration énergétique.
Il est donc conseillé aux particuliers de se rapprocher rapidement des espaces France Rénov’ ou des plateformes locales pour être accompagnés et vérifier leur éligibilité à ces dispositifs.
un compromis temporaire
Le maintien partiel de MaPrimeRénov’ est une victoire pragmatique face à la complexité du logement français. En conservant l’aide aux mono-gestes, le gouvernement évite un effondrement brutal de la filière de la rénovation, tout en envoyant un signal d’apaisement aux ménages.
Mais cette réforme rappelle aussi la fragilité des politiques publiques lorsqu’elles ne sont ni suffisamment anticipées, ni financées de façon pérenne.
La question de l’après-2025 reste donc entière. Si le soutien budgétaire n’est pas rétabli d’ici là, les ambitions climatiques de la France pourraient bien en souffrir.

















