Suppression de deux jours fériés : la colère des syndicats face à une mesure jugée injuste

Le débat sur la suppression de deux jours fériés en France agite le monde syndical, le paysage politique et l’opinion publique. Annoncée dans le cadre du projet de budget 2026, cette mesure, portée par le Premier ministre François Bayrou, a pour objectif déclaré de générer environ 4,2 milliards d’euros supplémentaires pour les finances publiques. Mais du côté des représentants des salariés, la réaction est vive. Le président de la CFE-CGC, syndicat des cadres, dénonce une « arnaque absolue ».

Une décision qui vise deux jours précis

Selon les annonces gouvernementales, les jours concernés seraient le lundi de Pâques et le 8 mai, date de la commémoration de la victoire de 1945. Ces deux journées seraient désormais travaillées normalement, sans rémunération additionnelle, à partir de 2026.
La ministre du Travail, Astrid Panosyan-Bouvet, justifie la mesure en affirmant que ces jours sont « déjà payés » dans le cadre des contrats actuels et qu’il s’agit simplement d’augmenter la production nationale pour soutenir les finances publiques.

La réaction indignée des syndicats

Pour la CFE-CGC, cette explication ne passe pas. Son président dénonce une mesure « cachée » qui, selon lui, consiste à faire travailler les Français plus longtemps sans augmentation de salaire. « On parle de solidarité nationale, mais en réalité, on demande aux salariés de financer le budget de l’État par une perte nette de jours de repos », déclare-t-il.
D’autres syndicats comme la CGT et la CFDT partagent cette opposition, estimant que cette décision revient à rogner sur les droits acquis au fil des décennies.

Un symbole historique remis en cause

La suppression du 8 mai est particulièrement mal perçue sur le plan mémoriel. Cette journée rend hommage à la victoire des Alliés sur l’Allemagne nazie en 1945, un moment fondateur pour la paix en Europe. Plusieurs historiens et associations d’anciens combattants ont déjà exprimé leur désaccord, jugeant qu’effacer ce jour férié reviendrait à affaiblir le devoir de mémoire.

Les arguments économiques du gouvernement

Le gouvernement, de son côté, met en avant les contraintes budgétaires et la nécessité de trouver de nouvelles ressources pour financer les réformes et réduire le déficit public. François Bayrou assure que cette décision permettrait de stimuler la croissance et d’améliorer la compétitivité française, tout en garantissant que les entreprises bénéficient d’un gain de productivité.

Une mesure impopulaire

Les sondages préliminaires montrent qu’une majorité de Français est opposée à cette suppression. Beaucoup craignent un précédent qui pourrait ouvrir la porte à la remise en cause d’autres jours fériés ou d’acquis sociaux. Certains économistes, tout en reconnaissant l’effet potentiel sur le PIB, soulignent que l’impact sur la motivation et le bien-être des salariés pourrait contrebalancer les gains attendus.

Et après ?

Le texte sera débattu à l’Assemblée nationale à l’automne 2025. Les syndicats promettent de mobiliser leurs adhérents et de lancer des actions de contestation si la réforme est maintenue. L’issue pourrait dépendre des alliances politiques au Parlement, où certains députés de la majorité se montrent déjà réservés.


carle
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