Temu dans le viseur de Bruxelles : des jouets pour bébé et appareils électroniques jugés dangereux


Temu, un géant chinois sous pression européenne

La plateforme d’e-commerce Temu, connue pour ses prix très bas, est aujourd’hui accusée par la Commission européenne de violer les règles du Digital Services Act (DSA). Une enquête menée par Bruxelles a révélé que le site vendait massivement des produits illégaux ou non conformes aux normes de sécurité de l’UE, en particulier des jouets pour bébé et des appareils électroniques dangereux.


Des produits à risque pour les consommateurs

Des tests menés par l’organisation Toy Industries of Europe (TIE) ont démontré que 95 % des jouets achetés sur Temu enfreignaient les règles de sécurité européennes. Les risques constatés sont multiples :

  • petites pièces pouvant provoquer une asphyxie,
  • substances chimiques toxiques dépassant les seuils autorisés,
  • absence de notice de sécurité en langue européenne,
  • absence d’opérateur économique identifié dans l’UE pour garantir la conformité.

Du côté des produits électroniques, plusieurs articles—chargeurs, lampes LED, batteries—présentent un risque d’électrocution, de surchauffe ou d’incendie, faute de certifications valides.


Bruxelles réagit avec fermeté

La Commission européenne estime que Temu n’a pas pris les mesures suffisantes pour bloquer la mise en vente de ces produits illégaux. Elle reproche aussi à la plateforme de ne pas avoir réalisé une évaluation des risques adaptée à son modèle et de laisser prospérer des vendeurs non identifiés, échappant ainsi aux réglementations européennes.

En cas de confirmation de ces infractions, Temu risque une amende allant jusqu’à 6 % de son chiffre d’affaires mondial. La société a désormais un délai pour répondre aux accusations et mettre en place des mesures correctives.


Des précédents inquiétants

Ce n’est pas la première fois que Temu est pointée du doigt. Des associations de consommateurs comme BEUC dénoncent depuis plusieurs mois la présence de produits dangereux sur la plateforme. Elles alertent sur une concurrence déloyale envers les commerçants européens, contraints de respecter des normes strictes et coûteuses.

Ces organisations réclament un renforcement des règles pour les marketplaces étrangères, notamment l’obligation d’avoir un représentant légal dans l’UE capable de répondre aux autorités en cas de non‑conformité.


Vers un tournant réglementaire pour les plateformes ?

Le cas Temu illustre les difficultés de l’Union européenne à faire respecter ses normes face aux géants du e‑commerce étrangers. Le DSA, entré en vigueur récemment, donne désormais à Bruxelles de nouveaux pouvoirs pour sanctionner les plateformes en cas de manquement.

Cette affaire pourrait donc servir d’exemple pour d’autres acteurs comme Shein ou AliExpress, souvent accusés des mêmes pratiques.


Conclusion

Temu, qui s’est imposée rapidement en Europe grâce à ses prix cassés et ses campagnes publicitaires massives, se retrouve désormais au centre d’un bras de fer avec Bruxelles. L’affaire met en lumière la nécessité de mieux contrôler les produits importés et de garantir la sécurité des consommateurs européens.

carle
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